Aude
Eau - Environnement
Colloque Orizon : le monde agricole veut faire entendre sa voix sur l'eau

Le groupe coopératif Arterris (Castelnaudary) a organisé ce 20 février à Castelnaudary un colloque sur la gestion de la ressource en eau « Orizon ». « C’est un enjeu économique et sociétal », indique Régis Serres, le nouveau président d’Arterris. Il entend faire du lobbying aux côtés des acteurs politiques et économiques pour faire entendre la voix du monde agricole sur cette question cruciale de l’eau, en particulier sur ses zones d’influences que sont le L.-R. et Midi-Pyrénées. « Les adhérents du groupe Arterris exploitent plus de 51 700 ha de terres irriguées (maïs, vigne, semences, arboriculture, maraîchage NDLR) et cela représente un chiffre d’affaires de 250 M€. Cet apport est considérable et contribue à l’économie agricole régionale », précise Jean-Marc Bouvier, directeur semences et distribution d’Arterris.
Produire pour développer l’export
Il estime qu’une bonne gestion de l’eau permettra de consolider les terres actuellement irriguées et de développer une dizaine de millier d’hectares de plus à l’avenir. Des propos suivis par André Viola, président du conseil général de l’Aude, très investi dans le développement du réseau d’irrigation agricole : « c’est un enjeu économique et de développement durable. »
Si le monde agricole vit sa 3e révolution, il continue à avoir « une vocation nourricière, à créer de la richesse, des emplois et à innover. Face au lobbying des écologistes et autres environnementalistes, il faut que les politiques aient le courage de reconnaître que l’absence d’eau créera des perturbations économiques. Sans production pas de possibilité d’exporter et de redresser la balance commerciale. Si dans la région on investit dans les ports, c’est pour exporter ! », assure-t-il.
Des solutions nombreuses
Les acteurs du monde agricole sont conscients de l’urgence à anticiper le besoin en eau à tous les niveaux : domestiques, agricoles, collectivités, loisirs... « Il y a un bouquet de solutions : créer des réserves nouvelles, améliorer la gestion de l’eau, diagnostiquer les enjeux environnementaux, travailler sur les productions de maïs, la R&D, la robotique. Le numérique, avec la French Tech, touche aussi l’agriculture, précise Nicolas Mauré, agriculteur en Haute-Garonne et président d’Arterris Innovation. Depuis 10 ans, le monde agricole a réalisé 30 % d’économie d’utilisation de l’eau et contribue par des taxes. » Si l’Ariège est dotée de lacs, l’Aude bénéficie du barrage de la Ganguise, des réalisations plus compliquées à réaliser aujourd’hui, s’inquiète Patrick Maugard, maire de Castelnaudary. « Les grands chantiers de l’A9 et de la LGV, nous amènent à réfléchir à la création de plan d’eau avec les carriers », indique Serge Vialette, président du syndicat d’irrigation de l’ouest audois, qui entrevoit des possibilités d’action à long terme.










