Région/Débat public TGV - Le conseil général de l’Aude dégaine en premier
La commission particulière du débat public portant sur le projet de ligne nouvelle Montpellier/Perpignan (LNMP) a reçu ce mardi 3 mars un premier cahier d’acteurs, rédigé par le conseil général de l’Aude. « Nous avons réuni tous les acteurs du département : communautés de communes et d’agglomération, conseil économique et social, chambres consulaires, pour élaborer une position commune qui dépasse les sensibilités politiques », confie à La Lettre M André Viola, premier vice-président du conseil général de l’Aude en charge du dossier LNMP.Si un « consensus » se dégage pour la réalisation de la ligne nouvelle, le conseil général pose deux conditions : « On refuse de rentrer dans ce débat sans parler de la ligne Toulouse/Narbonne ; Et nous voulons une gare nouvelle dans l’Aude. On risque de n’avoir aucune gare entre Montpellier et Perpignan. On ne veut pas être les laissés-pour-compte. La question des gares est une question d’aménagement du territoire. On sait l’impact économique que peut avoir l’installation d’une gare dans un département. Le Gard, l’Hérault et les P.-O. ont leur gare, pas nous ! » Le conseil général souhaite « l’ouest de Narbonne ». La gare ferait la jonction avec la future ligne Toulouse/Narbonne et permettrait le développement du triangle « Narbonne/Port-la-Nouvelle/Lézignan ».?? Guerre des gares en vue entre Béziers et Narbonne ??Les débats risquent d’être passionnés : Georges Frêche, président (divers gauche) de la Région L.-R., porte de son côté un projet de gare nouvelle à Salles-d’Aude (à l’est de Narbonne). Et Raymond Couderc, maire UMP de Béziers et président de Béziers Méditerranée promeut une implantation à Béziers Est... Le conseil général de l’Aude et Béziers Méditerranée ont déjà déclaré qu’ils ne participeraient pas au financement de la ligne sans gare nouvelle sur leur territoire.?Pour André Viola, la « guerre des gares » n’est pas un risque. « Il n’est pas besoin de démontrer l’opportunité de cette ligne. Elle s’impose, c’est le dernier maillon qui manque pour interconnecter l’ensemble du réseau européen avec l’Espagne. L’intérêt économique est incontestable en matière de transports, et il y a aussi l’enjeu environnemental. Nous allons insister, mais c’est évident. »?« En 2020, la SNCF sera en concurrence, il y aura plusieurs compagnies, avec des trains allemands, espagnols, suisses, souligne Édouard Parant, chef du projet LNMP à RFF L.-R… La politique de desserte sera portée par les entreprises ferroviaires. »?? Faibles perspectives de report modal, selon le conseil général de l’Aude ? ?Concernant la fonctionnalité de la ligne, le conseil général d’Aude est « favorable à une mixité fret/voyageurs, avance André Viola. Mais nous sommes très surpris du faible report route/train avec une ligne mixte, alors que l’écart de financement est conséquent. Vu l’évolution du trafic autoroutier, une ligne mixte permettrait juste de maintenir à l’horizon 2020 le trafic actuel sur l’autoroute, alors qu’on est déjà engorgés. RFF a fait cette étude par rapport à une volonté politique actuelle. Mais en l’état, les projections ne sont pas encourageantes. Pour l’instant, l’impact environnemental est minime au vu du coût. » D’après RFF (p.97 du dossier support), « le nombre de poids lourds évités par jour, car empruntant le ferroviaire, passerait de 2 300 en 2004 à environ 4 200 à l’horizon 2020 ».Marcel Rainaud, président du conseil général de l’Aude, sera présent le 12 mars lors de la réunion de lancement du débat public, au Corum de Montpellier (19h), a déclaré le 3 mars Claude Bernet, président de la commission particulière du débat public. ??H.V.










