Languedoc-Roussillon
Immobilier
Loi de finances 2011 : le cri d’alarme du monde HLM régional

Le monde HLM régional au grand complet (offices publics, entreprises sociales, coopératives, société anonyme) s’est réuni lundi matin 11 octobre à Montpellier, lors d’un point presse, pour s’opposer au projet de loi finances 2011, qui prévoit de mettre en place une taxe d’un milliard d’euros sur trois ans sur les loyers des organismes HLM.
La mesure vise à encourager les organismes HLM développant leur parc dans des zones tendues, et à pénaliser ceux qui ne construisent pas et vivent de la rente tirée des loyers d’un patrimoine déjà amorti. « La masse financière mutualisée - de l’ordre de 2 % des loyers perçus - ne serait ainsi pas de nature à fragiliser l’autofinancement moyen des organismes de logement social », indique l’extrait du projet de loi de finances 2011.
Les bailleurs sociaux, qui ont transmis une motion au gouvernement, ne partagent pas cette analyse. D’après eux, cette ponction triennale représente 240 euros par famille. Dans la région, le préjudice s’élèverait à 8,2 M€ pour 2011, et à environ 25 M€ sur trois ans. 1 268 emplois directs et indirects seraient affectés. 2 608 logements de moins seraient construits. Les investissements baisseraient d’environ 150 M€.
Les bailleurs sociaux, qui ont transmis une motion au gouvernement, ne partagent pas cette analyse. D’après eux, cette ponction triennale représente 240 euros par famille. Dans la région, le préjudice s’élèverait à 8,2 M€ pour 2011, et à environ 25 M€ sur trois ans. 1 268 emplois directs et indirects seraient affectés. 2 608 logements de moins seraient construits. Les investissements baisseraient d’environ 150 M€.
« Cette mesure signifie un désengagement sans précédent de l’Etat, a déploré Joseph Vida, président d’Uro Habitat. Or, le logement social est un passage pour beaucoup de jeunes couples. C’est un relais formidable qui est mis à mal. Cette mesure sera lourde de conséquences dans les prochaines années. Nos locataires ont de moins en moins de ressources, nous avons une mission d’intérêt général. »
« Le logement social ne va plus loger que les plus démunis, il y a un risque de ghettoïsation, a ajouté Denis Rey, directeur d’Uro Habitat. D’un point de vue économique, nous sommes encore sur un plan de relance, la crise économique n’est pas finie. Des millions d’euros vont être retirés de l’économie locale. Ça veut dire que des entreprises du bâtiment, des maçons, des plombiers, des architectes vont de nouveau tirer la langue. »
« Le logement social ne va plus loger que les plus démunis, il y a un risque de ghettoïsation, a ajouté Denis Rey, directeur d’Uro Habitat. D’un point de vue économique, nous sommes encore sur un plan de relance, la crise économique n’est pas finie. Des millions d’euros vont être retirés de l’économie locale. Ça veut dire que des entreprises du bâtiment, des maçons, des plombiers, des architectes vont de nouveau tirer la langue. »
75 000 demandes non-satisfaites en L.-R.
Louis Pouget, président de l’Opac ACM (parc de 20 000 logements, budget d’investissement : 125 M€) se sent trahi : « Dans l’agglomération de Montpellier, nous n’avons pas 20 % de logements sociaux. Il y a à faire en matière de logements. Nous avons 13 000 demandes en souffrance, et ce chiffre ne baissera pas : les loyers dans le privé sont le double des nôtres ! Le Grenelle 2 nous met face à des obligations en termes d’économie d’énergie, de mises aux normes. C’est une charge supplémentaire. De l’autre côté, on nous demande de faire des conventions d’utilité sociale (état des lieux du patrimoine, perspectives d’entretien) avec des rapports détaillés. Ensuite, on apprend qu’on est ponctionnés. Ce n’est pas correct. »
« Quand on ponctionne les offices, on ponctionne les locataires, a conclu Pierre Guiraud, conseiller général et président de Hérault Habitat (parc de 11 000 logements, budget d’investissement : 90 M€). 80 % de notre budget de fonctionnement provient des loyers. A terme, on aura zéro de la part de l’Etat. On va devoir faire pression à l’échelon local (Agglo pour ACM, conseil général pour Hérault Habitat) pour construire du logement social. L’Etat transfère ses carences sur d’autres. On est à la limite de la filouterie. On n’est pas des dodus dormants assis sur un tas d’or. Si tas d’or il est, ce sont des pièces, et ces pièces jaunes sont celles de nos locataires. »
« Quand on ponctionne les offices, on ponctionne les locataires, a conclu Pierre Guiraud, conseiller général et président de Hérault Habitat (parc de 11 000 logements, budget d’investissement : 90 M€). 80 % de notre budget de fonctionnement provient des loyers. A terme, on aura zéro de la part de l’Etat. On va devoir faire pression à l’échelon local (Agglo pour ACM, conseil général pour Hérault Habitat) pour construire du logement social. L’Etat transfère ses carences sur d’autres. On est à la limite de la filouterie. On n’est pas des dodus dormants assis sur un tas d’or. Si tas d’or il est, ce sont des pièces, et ces pièces jaunes sont celles de nos locataires. »
Retard structurel
Uro Habitat regroupe 29 organismes HLM (2 100 salariés) et compte 114 000 logements sociaux. De par son histoire peu industrielle, le L.-R a un taux d’équipement de logements sociaux faible : 10,8 % de l’ensemble du parc résidentiel, contre 17,6 % au niveau national. 3 400 logements ont été financés en 2009, 4 300 devraient l’être cette année. Ce retard structurel, conjugué à la croissance démographique et la pauvreté de la population locale, tend la demande. Environ 75 000 demandes sont ainsi non satisfaites en L.-R. - dont environ 30 000 dans l’Hérault. 80 % des demandeurs d’un logement social ont des revenus inférieurs à 60 % des plafonds HLM. Le projet de loi de finances 2011 doit être voté le 17 novembre. Le prochain comité régional de l’habitat est fixé à Montpellier, en préfecture, le 18 novembre.
En photo : Denis Rey (Uro Habitat, à gauche), Louis Pouget (ACM, à droite).










