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Tourisme - Loisirs
| 24/01/2013

Le musée de la Narbonne antique baptisé MuReNA

Le musée régional de la Narbonne antique a désormais un nom : cet après-midi, en présence de l’architecte chargé du projet, l’Anglais Norman Foster, Christian Bourquin, président du conseil régional l’a dévoilé devant les membres associés au projet : élus narbonnais, le maire Jacques Bascou en tête, mais aussi personnalités du monde culturel. Il est donc baptisé MuRéNA en forme d’acronyme, mais aussi « au sens de ses murènes qui peuplaient la Méditerranée, et qui étaient très prisées des Romains », selon l’explication de Christian Bourquin. Ce musée tant attendu devrait ouvrir ses portes au printemps 2016, comme déjà annoncé, « un samedi à 11h, il ne nous reste plus qu’à choisir le samedi », s’est amusé Christian Bourquin. En attendant, le calendrier va se dérouler comme suit : 2013 va être consacré à l’affinage du projet entre les équipes de Norman Foster et les représentants de la collectivité régionale, qui prend l’intégralité de l'investissement (44 M€) à sa charge. Dès fin 2013, la procédure d’appel d’offres devrait être lancé, pour un début de construction espérée à fin 2014, et donc une ouverture programmée au printemps 2016.

Au milieu, le double mur, dans lequel seront exposées, côté public, une partie du dépôt lapidaire, avec des animations multimédia les mettant en valeur.
Le mur double, géniale idée de Foster
Situé à l’entrée de la ville, entre le stade et le théâtre, le long du canal de la Robine, le futur musée occupera un terrain de 3ha, cédé par la Ville de Narbonne. Long de 97m pour 85 m de large et 8 m de haut, le bâtiment comptera environ 9 000 m2 de surface, dont 2 700 m2 consacrés à l’exposition permanente, 500 m2 dédiés à l’exposition temporaire et aux espaces ouverts au public, 3 000 m2 d’espaces de travail et de réserve. L’un des éléments clés de ce projet réside dans un mur double, chargé de partager le musée de l’espace dédié à la recherche, et sur lequel seront exposés entre autre les éléments lapidaires, éléments de sarcophages notamment, l’une des grandes richesses de la collection narbonnaise (1 400 éléments) puisque c’est la plus grande collection de ce type hors de Rome. Des éléments multimédias permettront aussi au sein du mur de faire vivre ces pierres, et d’expliquer leur importance. Un système automatique permettra de déplacer délicatement et facilement ces éléments, pour faire évoluer la muséographie mais aussi permettre le travail de recherche : les chercheurs auront accès au mur de leur côté. Mais c’est aussi une manière d’évoquer que ces pierres sculptées, d’époque romaine, nous sont parvenues en si grande quantité et en bon état car elles ont été réutilisées dans une muraille élevée au XVIe siècle, et détruite au XIXe. « Tous les vestiges romains que possèdent Narbonne nous racontent des histoires extraordinaire sur l’Antiquité, mais ils ne sont pas aujourd’hui suffisamment accessible, s’est expliqué Norman Foster. Le musée sera fait pour cela. C’est une nouvelle porte d’entrée vers la France romaine. »
L’inspiration des architectes romains
Visiblement admiratif de la qualité architectural romaine, Norman Foster ne s’est pas privé de faire référence à ses antiques prédécesseurs, en restant toutefois cohérent avec la modernité. D’abord la pierre locale sera utilisée afin de créer des murs performants, comme le faisaient les Romains. Mais Foster s’inspire aussi des espaces publics romains : le toit s’étend au-delà des murs pour procurer de l’ombre, à l’image de ce que l’on trouvait sur les forum romains, en intérieur, des puits de lumière sont aménagés, un peu comme dans l’atrium des maisons romaines. Dans les salles d’expositions, les pièces d’exception, telles que les mosaïques ou encore les fresques, seront présentés dans des décors projetés afin de recréer l’univers d’époque. Le projet est également conçu pour être flexible : les cloisons, disjointes du toit, seront facilement déplaçables pour créer des espaces en fonction des besoins.
Des unités de recherche domiciliées au musée
Ce musée aura une claire vocation de recherche. Les fouilles archéologiques menées à Port-la-Nautique, à quelques encablures de Narbonne, portées par le CNRS et financées en partie par la région Languedoc-Roussillon (à hauteur d'1M€ sur la période 2010-2013), ont fait apparaître le potentiel de ce site, qui était le plus grand port de toute la province de la Narbonnaise, et dont à l’époque romaine Narbonne était la capitale. Une nouvelle campagne aura lieu cet été, et les fouilles sont vouées à se poursuivre afin d’alimenter le musée. Des unités de recherche seront ainsi basées au musée, et leurs travaux présentés au public, sans que rien ne soit pour l’instant défini. « Nous étions à Rome il y a peu, et avons rencontré l’Ecole française de Rome, a indiqué Christian Bourquin. Avec la crise, et le manque de financements européens, il n’ya plus aucun campagne en Italie. Ces gens-là se sont dit intéressés par venir chez nous, peut-être via une collaboration. Nous serons en tout cas ouverts sur la Méditerranée. » Comme Narbonne, à l’époque des Romains.
Norman Foster, Christian Bourquin et Jacques Bascou
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