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Pyrénées-Orientales
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Agri - Agro
| 22/02/2013

Cémoi, cas d’école pour le futur contrat de filière agroalimentaire

Alain Berger, délégué interministériel aux industries agroalimentaires et à l’agro-industrie s’est entretenu, ce 21 février, avec Patrick Poirrier, PDG du groupe Cémoi, n°1 du chocolat en France, sur les problématiques du secteur agro-alimentaire, qui est « la première industrie de France avec 150 Md€ de CA, 13 000 entreprises et 500 000 emplois. » Cette rencontre a donné lieu à une visite du centre R&D du groupe, dont le siège est implanté à Perpignan, et de la nouvelle usine de production construite sur la zone de Torremila, qui a créé 101 emplois en CDI. Alain Berger qualifie le groupe de « symbole pour le secteur à travers ses 3 000 salariés, ses 750 M€ de CA, sans oublier un capital 100 % familial et une stratégie d’ouverture à l’export. »
Contrat de filière
Le délégué interministériel est venu s’enquérir des attentes du groupe sur différents thèmes (recherche et l’innovation, sur le financement des investissements, la relation avec la grande distribution…) en amont de la mise en place du futur contrat de filière partenarial prévu pour mai prochain. « Il s’appuiera sur un plan d’action et des dispositifs d’appui à l’industrialisation, aux consommateurs, à l’export, au financement avec la BPI, à l’emploi et aux métiers, aux relations commerciales avec la grande distribution », indique Alain Berger, qui est chargé de recenser les problématiques relevées lors des différentes conférences régionales de l’agroalimentaire (celle de Montpellier a eu lieu le 29 novembre dernier). « Elles serviront aussi à alimenter le nouveau Comité stratégique pour la filière agroalimentaire qui vient juste d’être mis en place » précise-t-il.
Export
Patrick Poirrier a profité de l’occasion pour expliquer au représentant de l’Etat la question de la représentativité des entreprises intermédiaires à l’export dans un contexte de concentration. « Je consacre deux jours par mois au syndicat professionnel européen du chocolat et du gâteau dont je suis vice-président, pour que les entreprises intermédiaires françaises soient représentées, précise Patrick Poirrier. C’est moi qui assure les déplacements sur les marchés en croissance. Je pars en Corée, Chine, HongKong, Singapour… Notre développement à l’export s’accroît en Afrique de l’ouest. Nous avons ouvert un site à New-York et nous ouvrons à Saint Petersbourg pour accompagner nos clients présents en Russie et à l’Est. »
Crédit d’impôt
Le dirigeant a aussi rebondi sur la question du crédit impôt/recherche qui n’est pas adapté à l’industrie agro-alimentaire, selon lui. « Seulement 3 % des crédits impôt/recherche sont mobilisés par le secteur. On constate que les textes existent mais ils ne sont pas adaptés. Il faut intervenir sur les dispositifs » indique le dirigeant qui s’est doté d’un pôle de R&D intégré pour plus de réactivité dans la réalisation de prototypage ou la recherche produit pour la GMS et sa propre marque Cémoi. « Nous travaillons comme dans la mode. Il nous faut supporter 24 mois de préparation pour sortir les produits. Il en va des emplois de demain » précise Patrick Poirrier qui s’appuie sur ses équipes R&D, marketing, qualité et développement pour valoriser ses produits (30 collaborateurs). « Chaque année, nous investissons 3 M€ dans la R&D. Nous nous appuyons aussi sur l’UPVD et le Cirad » souligne le dirigeant qui ne soustraite pas et maîtrise 100 % de la chaîne du cacao à la fabrication du chocolat.
Développement durable
La démarche du dirigeant s'accompagne d'une approche durable, depuis la matière première jusqu’à la maîtrise du coût énergétique de production. « Le toit de l’usine est doté de panneaux solaires et nous avons été démarchés par un projet d’usine biomasse qui va s’installer sur la parcelle voisine. Cela nous permettra d’optimiser la gestion de nos déchets et de maîtriser les coûts énergétiques liés à nos besoins en eaux chaudes pour le nettoyage des moules. L’intérêt c’est aussi d’être plus compétitif », explique Patrick Poirrier au délégué interministériel, en regrettant le déficit d’industrie et des services à l’industrie localement, à l’image de ce qu’il porte à travers son centre de R&D, son usine et le projet d’usine de méthanisation porté par Fonroche. Patrick Poirrier vient d'entrer au conseil d’administration de la nouvelle agence de développement économique de l’agglomération de Perpignan. « Je les ai déjà avertis que mes avis sur la question risquaient de ne pas toujours leur plaire », souligne Patrick Poirrier.
Légende photo : de gauche à droite Alain Berger, délégué interministériel aux industries agro-alimentaires et à l'Agro-industrie, Patrick Poirrier, PDG du groupe familial Cémoi.
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