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Pyrénées-Orientales
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BTP
| 29/03/2013

Guy Durand élu président de la Fédération du bâtiment des P.-O.

À 50 ans, Guy Durand, PDG de l’entreprise familiale éponyme (génie civil), a été élu à l’unanimité président de la fédération du bâtiment des P.-O. (350 adhérents), à l’issue du conseil d’administration ce 28 mars, pour un mandat de deux ans. Il succède à Jean-Jacques Planes, élu président régional. Entretien.

Quel est votre parcours ?
Après l’école du bâtiment à Paris, où je me suis spécialisé en informatique et gestion, j’ai rejoins le groupe Spie Batignolles en tant que conducteur de travaux à Paris, Nice, Monaco… Ce parcours extérieur au département et à la région, je l’ai suivi sur les conseils de mon père, la 3e génération du groupe, qui souhaitait certainement que j’acquière d’autres visions du métier. En 1990, la 4e génération que je représente rejoint la direction de l’entreprise familiale pour prendre le relais de mon père, alors fatigué. Aujourd’hui, l’entreprise réalise un chiffre d’affaires de 10 M€ et emploie une centaine de salariés, sans avoir perdu de vue l’importance de la valeur humaine. Notre marché est constitué principalement des P.-O. et de l’Aude (génie civil, Step...).
Quel regard portez-vous sur la conjoncture ?
J’ai connu la crise des années 90, l’entreprise a su s’adapter à cette situation. L’épisode se répète et je ne déroge pas à mon maître mot, l’adaptation. C’est vrai qu’aujourd’hui, les petits du secteur souffrent. Les chiffres d’affaires sont au plus bas et reflètent le niveau des prix pratiqués. Pendant les années fastes, on a peut-être laissé s’envoler le nombre d’entreprise sur le territoire. Aujourd’hui, dans un marché tendu ces mêmes entreprises ne sont pas suffisamment préparées, ni armées pour affronter la crise. Par ailleurs, la commande publique peine à sortir des chantiers, il faut que le privé prenne le relais mais le contexte est compliqué. On attend une baisse d’activité de 6 à 10%, alors que le BTP représente en volume un milliard d’euros sur le département. Nous craignons près de 1 000 licenciements. Depuis 2008, le secteur a perdu 3 000 emplois.
Succéder à Jean-Jacques Planes, est-ce un défi ?
Je félicite Jean-Jacques Planes pour ce qu’il a fait durant ses six années de mandat au sein de la fédération. Il a été un fer de lance pour l’ensemble des actions conduites par la fédération. Pour preuve, il a toujours reçu le soutien infaillible du bureau et du conseil d’administration. C’est naturellement que je vais suivre le sillon qu’il a tracé en y mettant ma touche personnelle. Cela fait déjà 23 ans que je suis actif au sein de la fédération du bâtiment des P.-O.
Quelles seront vos priorités ?
J’entends défendre les acteurs du bâtiment contre la concurrence déloyale et le dumping social des entreprises étrangères, notamment espagnoles. Mon combat sera de nous faire entendre par les élus dans ce domaine. La caserne des pompiers et le conservatoire de Perpignan ainsi que le lycée d’Argelès, sont des marchés publics dont les appels d’offre sont en cours. Nous savons déjà que des entreprises espagnoles sont sur les rangs. Si elles décrochent des marchés, les répercussions sur nos entreprises et l’emploi risquent d’être considérables. Il faut que les collectivités publiques veillent aux prix anormalement bas, appliquent des clauses sociales… Dans cette démarche, leur seule motivation doit être la préservation de l’emploi. Dans le cas contraire, je pourrai en arriver à inviter les entreprises locales à aller chercher de la main d’œuvre espagnole, portugaise, polonaise,… afin de jouer à jeu égal avec sans aucun doute un impact sur l’emploi local. D’autres actions me tiennent à cœur comme les délais de paiement, la TVA, la rénovation, l’accession à la propriété. Enfin, j’entends poursuivre l’action engagée dans la formation professionnelle à travers le CFA qui accueille 1 000 apprentis et l’insertion avec le GEIQ BTP.
Quel regard portez-vous sur les annonces du gouvernement ?
Dans le contexte actuel d’effondrement des mises en chantier, d’accélération des dépôts de bilan et des destructions d’emplois, le gouvernement semble avoir pris la mesure de l’urgence. Il répond au travers d’un train de mesures à des questions récurrentes comme la lutte contre les recours abusifs, la simplification des déclarations de projet, la transition énergétique,… Néanmoins, même si l’abaissement du taux réduit de TVA à 5 % pour le logement social est une bonne chose. Son application au 1er janvier 2014 peut avoir des effets pervers. Tous les programmes lancés risquent d’être stoppés et de faire reculer le marché à court et moyen terme.
Quelles sont vos autres implications dans la sphère économique locale ?
Je suis actif au sein de la fédération depuis 23 ans. Jusqu’alors j’étais vice-président de la fédération. Une fonction qui m’a permis une représentation en tant que président de la commission économique de l’Union nationale des maçons et du gros œuvre. Je viens de céder la présidence du syndicat des maçons des P.-O. Je suis aussi élu à la CCI des P.-O., membre du bureau de l’UPE 66, et j’ai été par le passé juge au tribunal de commerce. Enfin, je suis aussi membre du bureau du club de rugby à XIII « Les Dragons catalans » et membre de son business club qui regroupe 130 entreprises locales.

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