Saurel : son discours d'investiture de nouveau maire de Montpellier

Discours d'investiture de Philippe Saurel (DVG), intronisé maire de Montpellier le samedi 5 avril : « Je m'adresse aux citoyens de Montpellier, ceux qui nous ont fait confiance pour gouverner la Ville. Je m'adresse aussi aux habitants et aux habitantes des villages et des villes de l'Hérault. Je voudrais leur dire que le nouveau maire de Montpellier les porte dans son coeur comme il porte dans son coeur tous les quartiers de la Ville. Mon parcours est simple. Je suis né dans un quartier de cette ville (Boutonnet, NDLR), j'y ai fait mes études, j'ai fréquenté les bancs des universités, je m'y suis installé professionnellement (chirurgien-dentiste), j'y vis , j'y travaille. La simplicité même, qui a fait qu'un jour, alors adolescent, et fréquentant ces lieux d'histoire que sont les archives, j'ai pris conscience du bien public à la lecture des documents que j'avais sous les yeux : les délibérations communales, l'état civil, les contrats, les matrices cadastrales d'Ancien Régime... (...) C'est de là qu'est venue cette passion pour Montpellier. (...)
De Frêche à Valls
Et puis, vint Antigone. Antigone où j'installais mon cabinet. 'Frêche ville', tant décriée, tant critiquée, et que j'ai défendue, en tant que citoyen, que professionnel (profession libérale, NDLR), pas en tant que politique. Et puis tant de rencontres, avec Raymond Dugrand, André Lévy, mes chers disparus, René Coulomb, Eulalie Mathieu, la gitane de Boutonnet. Passionné par Montpellier, j'ai écrit au maire de la Ville. J'aimais beaucoup Antigone. Georges Frêche m'a reçu dans son bureau 15 jours après. Il m'a dit : ' je n'ai jamais vu de dentiste qui aimait l'histoire ! ' Et j'ai travaillé avec lui avec passion pendant 15 ans. (...) Il a fait avec moi ce que Manuel Valls a fait. Je lui ai écrit, il m'a reçu, et on ne s'est jamais quittés.
Une autre façon de faire de la politique
Aujourd'hui est un autre jour. Au travers de cette campagne, qui est un exemple pour tout le pays, nous avons proposé une autre façon de faire de la politique. Je remercie du fond du coeur tous ceux qui ont contribué, de ma liste, mais aussi tous ceux qui se sont engagés à nos côtés, publiquement, et quelquefois dans l'anonymat. Je remercie mon directeur de campagne, Abdi El Kandoussi, qui est un infatigable travailleur, et un homme fidèle, solide. Je remercie Max Lévita, avec qui nous avons mené ce combat avec subtilité et intelligence. Lorsqu'on n'a pas la force, il faut avoir les idées. Et puis tous les colistiers, qui ne sont pas élus et qui sont en tribune, qui se sont battus, qui ont fait le boulot, souvent de façon désintéressée et avec le sourire. Merci aux Montpelliérains, qui nous ont ouvert leurs salons, leurs salles à manger, leurs cuisines, leurs maisons. Nous les avons rencontrés avec passion. Et nous avons parlé d'avenir avec eux. La liste que nous avons conduite, "Montpellier c'est vous", c'est divers gauche, écologiste, responsable et avant tout citoyenne.
Démocratie locale et dialogue entre les territoires
Dans cette liste, toutes les sensibilités sont représentées, chacune dans sa spécificité, avec respect et avec remerciement. Nous avons gagné les élections municipales avec un score qui ne mérite aucune remarque. Je ne pensais pas moi-même que le différentiel soit aussi important. Dans mes rêves les plus fous, je pensais obtenir 3 ou 4 points d'écart. Mais là, plus de 10 points... les Montpelliérains m'ont demandé de gouverner, et je vais gouverner. Nous allons mettre en place le programme que nous nous sommes engagés à tenir. (...) Deux axes fondamentaux : nous serons très attentifs à l'organisation de la démocratie locale, avec les représentants des conseils de quartiers, qui ne seront non pas nommés, mais élus, avec de vrais budgets participatifs (...). Cette démocratie s'exercera aussi en interne, avec l'ensemble des groupes politiques du conseil municipal. Et une des premières mesures que je prendrai sera de répondre favorablement à la charte anti-corruption 34 que j'ai signée. C'est-à-dire de laisser présider à un membre de l'opposition la commission Finances de la Ville. (...) Il est temps que Montpellier retisse des liens immémoriaux qu'elle a perdues, souvent, à cause des guerres internes, des mésententes (..). Ma façon de voir la politique, c'est l'unité, et l'unité du territoire en premier lieu. Il faut réinstiller Montpellier dans son territoire naturel, du Pic-Saint-Loup à la mer, et de Lunel à Sète, (...) dans le respect total de ces intercommunalités, au travers d'un pôle métropolitain. (...) La tâche est exaltante. Certains ont critiqué le manque d'expérience de notre liste. Mais en 1977, lorsque Georges Frêche a pris la ville, avait-il des députés, des conseillers généraux, des conseillers régionaux, des grands pontes du parti dans sa liste? Certainement pas. Il avait pris des gens compétents, passionnés, qui avaient envie de se lever tôt, et de se coucher tard pour les Montpelliérains, et pour servir Montpellier. C'est ce qu'il avait fait. C'est ce que nous allons faire aussi, parce que cette recette-là est immémoriale. Elle est la réponse à l'attente des Montpelliérains, à la disponibilité qu'ils nous demandent d'avoir auprès d'eux. Avec toute notre équipe, les adjoints, les conseillers municipaux, et même les membres de l'opposition s'ils souhaitent y participer, mais je le traiterai en direct avec eux (...). Je demande à tout le monde de se mettre dès à présent au service du bien public. Cette victoire, je la dédie aux enfants de Montpellier, ceux qui sont tombés à Verdun, au chemin des Dames, et dans les bois alentours. Ceux que j'exhumerai de la crypte du Monument aux morts, parce qu'on ne voit pas leurs noms et que je ne veux pas qu'ils meurent une 2ème fois. Je dédie cette victoire aux enfants de tous les quartiers de Montpellier, ceux qui portent dans leurs yeux les rêves. Je dédie cette victoire à tous les maçons qui ont construit la ville, ceux des Cévennes, de Lozère, d'Aveyron et des hauts-cantons de l'Hérault, les Espagnols, les Italiens, les Algériens, les Tunisiens, les Marocains, et ceux d'Outre-mer et des Pays de l'Est. Je dédie enfin cette victoire à la République, la vraie République, celle qui ouvre à la liberté, la liberté de conscience et de pensée, celle qui lutte en permanence pour plus d'identité et contre toutes les discriminations. Celle enfin qui par la fraternité offre un regard attentif et bienveillant sur tous ses citoyens. Cette République a conduit notre campagne, elle conduira l'esprit de notre politique, au service des Montpelliérains. Je vous remercie. »
Crédit photo : Hubert Vialatte










