Le maire et président de l’agglomération de Perpignan, Jean-Marc Pujol, réagit suite à la liquidation avec poursuite d’activités prononcée ce 28 mai, par le tribunal de commerce de Perpignan. « Le fonds du problème c’est le coût excessif du travail en France, les charges sociales et fiscales pèsent sur les entreprises comme EAS Industries, note-t-il. Au-delà de l’aspect du problème de la chute du hangar, qui a entrainé une perte de chiffre d’affaires mais aussi la confiance de ses clients, cette entreprise a développé l’excellence en matière de savoir-faire qui est par ailleurs touché de plein fouet par la concurrence d’autres pays tels que la Tchécoslovaquie ou la Pologne. » Il complète : « On oublie souvent que ces pays, avant le rideau de fer, avaient développé une tradition dans la formation de personnel hautement qualifié, d’ingénieur, dans le secteur industriel. Aujourd’hui, ces pays ont reformé ces personnels et constitué des équipes dans des entreprises qui supportent moins de charges qu’en France, les rendant plus concurrentielles que le simple fait du positionnement d’une plateforme aéroportuaire d’accueil. » Selon l’élu, « la France doit être capable de réformer les coûts fiscaux et sociaux pour que les entreprises soient compétitives. »
Les aides aux entreprises
La liquidation de la société EAS Industries pose la question du devenir des aides octroyées par les collectivités et l’Etat (EAS Industries a obtenu 1,5 M€ au total selon l’élu). « Les aides sont à revoir. Selon moi, les aides devraient se traduire concrètement par une baisse de l’impôt sur les sociétés, et une baisse des charges salariales. Je suis par contre pour que les collectivités contribuent à l’investissement immobilier ou en équipement, ce qui constitue un effet de levier favorable à son développement », poursuit l’élu.
Le plan d’action économique de l’agglo
Alors qu’il a pris les rênes de l’agglo récemment, Jean-Marc Pujol a demandé au service économique « d’apporter des réponses aux entreprises sous 48 h, à l’agence de développement économique d’intervenir sur des actions ponctuelles notamment aller à la rencontre d’entreprises à l’étranger, comme le 11 juin à Madrid », annonce-t-il. Alors que l’action économique se fondait principalement sur une segmentation par filière, le nouveau président, qui a en charge la délégation économique, préfère que « soit développée la transversalité. » Il est convaincu que l’agglo est « prête », à travers la compétence de ses services à répondre aux attentes des entreprises. « Le boulot est fait, en matière de zones d’activités au nord comme au sud, on a une offre adaptée qui peut convaincre les dirigeants situés dans notre zone de proximité. Concernant le prix du mètre carré du foncier des zones d’activités, je les revois en faisant la distinction des besoins des entreprises. Pour moi la marge dans ce domaine se fait et se fera si besoin ailleurs. Une entreprise qui s’implante c’est des emplois créés, de la taxe foncière, de la CVAE », conclut-il.