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Agri - Agro
| 2/07/2014

L’aide au moût concentré au cœur de la visite du préfet à Grap’Sud

La question n’est toujours pas tranchée. Alors, hier, il fallait s’y attendre, le déplacement du préfet de région Pierre de Bousquet chez Grap’Sud, union de distillerie dont le siège social est à Cruviers-Lascours, dans le Gard, a donné lieu à un nouvel échange autour de la question des aides au moût concentré rectifié, MCR qui permet d’enrichir le vin, et pour lequel les aides européennes ont été supprimées. L’an dernier, les professionnels de la viticulture étaient montés au créneau pour réclamer sa remise en place. Cette année, ils mettent la pression sur l’Etat pour que celui-ci prennent le relais, et demandent la réinstauration des aides au niveau européen. « Une décision devrait être prise la semaine prochaine au ministère », indique Michel Pastor, président du directoire de Grap’Sud, en marge de ce déplacement. Les viticulteurs du Languedoc dénoncent, avec la suppression de ces aides, une distorsion de concurrence avec les autres régions viticoles françaises qui ont le droit d’enrichir avec du saccharose. L’an dernier, le prix du MCR lui était trois fois supérieur.
« Bientôt, ce sont les betteraviers qui demanderont des aides !»
Le préfet de région a tenté de désamorcer la querelle, parvenant même à faire dire au spécialiste MCR de chez Grap’Sud que les prix cette année semblaient beaucoup plus équilibrés que l’an passé. « Vous verrez que bientôt ce sont les betteraviers qui viendront demander des aides », a-t-il tenté dans un sourire, sans convaincre toutefois les personnels de Grap’Sud pour qui l’aide à l’enrichissement par MCR représente une véritable manne. Ils ont d’ailleurs souligné que les cours du sucre, saccharose comme MCR, étaient très fluctuants. L’union de distillerie, qui compte sept établissements dont cinq en Languedoc-Roussillon, réalise près d’un tiers de son CA (55,4 M€ au 31 août 2013) grâce au MCR. « La baisse du cours du MCR devrait nous permettre de gagner des parts de marché, a indiqué Patrick Julien, directeur de Grap’Sud. Mais il nous faut des assurances. Aujourd’hui on ne sait pas si on va vendre du MCR cette année », a-t-il insisté. L'union de distillerie réalise le reste de son chiffre grâce aux alcools (1/3), aux nouveaux produits (colorants, polyphénols, etc., 1/3) et aux produits destinés à l'agroalimentaire. Grap'Sud emploie plus de 200 personnes, dont 150 en L.-R.
Légende : Pierre de Bousquet, préfet de région à droite, guidé au sein des 70 ha de Grap'Sud à Cruviers-Lascours par Patrick Julien, directeur, à gauche. Au centre, Didier Martin, préfet du Gard.
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