Irrifrance bloqué par l’Etat français parce que son patron est syrien ?

L’industriel héraultais Irrifrance (120 salariés, Paulhan, enrouleurs, pivots et rampes, irrigation localisée) est-il empêché d’agir par l’Etat français, du fait de la nationalité syrienne de son actionnaire unique, Osmane Aïdi ? C’est la thèse soutenue par Benoît Gillmann, président de Swelia (cluster des entreprises de l'eau en Languedoc-Roussillon). La Coface refuserait d’apporter les garanties et BPIFrance de prêter des sommes décisives pour le développement d’Irrifrance à l’export, et ce « pour des raisons géopolitiques. »
Or, l’export est indispensable (« le marché français est en recul », indique Jean-Pierre Boutonnet, directeur de l’usine) et nécessite du cash-flow, « pour amorcer la production avant de livrer les clients », précise Benoît Gillmann.
D’après lui, « l'Etat français ne veut pas laisser fonctionner une entreprise qui a un actionnaire syrien. Les pressions sur BPIFrance, la Coface et tout ce qui touche à l’administration publique viennent de très haut, des ministres Michel Sapin et Emmanuel Macron », indique-t-il.
Irrifrance se porte bien
Paradoxe : cette PME de 120 salariés « innove, a 7 millions d'euros de carnet de commandes à l’export. » Dans ce contexte, « l’actionnaire ne veut plus remettre au pot. Faire mourir une entreprise qui va bien est criminel. Si rien n'est fait, Irrifrance déposera le bilan la semaine prochaine », continue-t-il.
Plusieurs centaines de personnes (salariés, élus locaux, filière régionale de l'eau) ont manifesté à Paulhan (photo) ce mardi matin pour demander à ce que la situation soit débloquée, par le biais d’un rachat de l'entreprise par exemple. Le CA 2014 d’Irrifrance devrait atteindre 19 M€, au lieu de 24 M€ en 2013. L’export pèse seulement 3,3 M€. Les 120 salariés est au chômage partiel depuis le 20 octobre.
Irrifrance avait remporté en septembre 2012, à Montpellier, le Master régional Lettre M de la croissance.










