Signature de chartes pour favoriser l’accès des entreprises locales aux marchés publics, création d’une filière gardoise du numérique, actions pour faire baisser les impôts des entreprises… Ce sont quelques-unes des priorités de l’UPE 30, présentées ce midi par son président, Éric Giraudier, à l’occasion d’un déjeuner de presse à Nîmes. Selon lui, « un tiers à la moitié des entreprises du département demandent des délais de paiement à l’Urssaf », et « 3,5 emplois ont été détruits chaque jour dans le Gard ». L’UPE 30, qui veut donner la « priorité aux PME », préconise plusieurs mesures :
Small Business Act
Le mouvement patronal, qui veut donner la « priorité aux PME », veut faciliter l’accès des PME, toutes les PME, aux marchés publics, par la signature de « Small Business Acts », ou « Stratégie de Bon Achat », en français dans le texte. « Les collectivités locales évitent d’avoir recours à l’allotissement pour leurs marchés publics », déplore le président départemental de la FFB, Philippe Tamaï. « Or l’allotissement permet à davantage d’entreprises de répondre à ces marchés, notamment, les entreprises artisanales ». Autre reproche du représentant des entreprises du BTP : « les collectivités locales ne respectent pas les délais de paiement légaux fixés à 30 jours », ceux-ci étant portés, selon l’UPE « à 65 à 80 jours en moyenne ». Pour faciliter l’accès des entreprises locales aux marchés publics, l’UPE 30 a pris contact avec le médiateur national des marchés publics. Objectif, selon Eric Giraudier : « devenir un territoire pilote au niveau national », en incitant les grands donneurs d’ordre à assouplir, dans le cadre de la légalité, leurs critères d’attribution des marchés. Des chartes seront signées dans le courant de l’année. L’UPE 30 veut également inciter les entreprises locales à répondre à ces marchés. Selon Philippe Tamaï, le nouveau président du conseil général du Gard, Jean Denat, sollicité a déjà pris l’initiative de favoriser l’allotissement dans le recours aux derniers marchés publics.
Une filière du numérique
L’UPE 30 veut créer une filière nîmoise du numérique, « DigiNîmes ». « Le but est de proposer une formation de base, notamment à des gens éloignés de l’emploi », explique le président régional de l’IUMM, Philippe Patitucci. L’UPE ambitionne de former une quarantaine de stagiaires par an, via un Certificat de validation professionnelle. « Nous voulons répondre aux besoins des entreprises du numérique, comme à ceux des entreprises d’autres secteurs qui seraient en recherche d’un développeur », précise Eric Giraudier, qui veut créer une pépinière pour favoriser la création d’entreprises dans le secteur du numérique. Un projet qui « ne se fera qu’avec les collectivités territoriales, Département, Région et Agglo », ajoute le président de l’UPE 30.
Impôts
Le mouvement patronal veut d’ailleurs poursuivre le dialogue engagé avec les élus et les collectivités locales, au nom du principe qu’ « on ne peut pas réfléchir à l’avenir des emplois et des entreprises sans les entreprises ». L’UPE 30, qui a rencontré tous les députés du Gard fin 2014, prévoit la tenue d’un débat, en mars, avec les candidats à la présidence du conseil général. Et veut poursuivre son action en faveur de la baisse des impôts des entreprises, versement transport et TLPE, qui sont « plus élevés que dans les départements voisins ». Le mouvement entend également peser dans la réflexion, en cours, sur la révision de la valeur locative des locaux professionnels. « Ces valeurs servent de base au calcul des impôts locaux : taxe foncière, CFE et TEOM », explique Danièle Paoli, présidente de l’association de commerçants Terres de commerce. « Or nous craignons que si les taux restent constants, les valeurs soient revues à la hausse ». Dans sa volonté de dialogue tous azimuths, l’UPE 30 prévoit de rencontrer les organisations syndicales représentatives des salariés. Histoire de « travailler au dialogue social de proximité ». Représentants des salariés et du patronat pourraient s’entendre pour mener des actions communes pour favoriser les transports, le logement, ou l’accès aux crèches des salariés.