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Haute-Garonne
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Biotechs - Santé
| 23/09/2026

À Toulouse, la filière santé au défi d'un changement d'échelle

La filière peut s'appuyer sur la présence d'infrastructures de santé performantes telles que l'Oncopole de Toulouse, dédié à l’innovation en oncologie, santé et biotechnologies
© Toulouse Métropole

Peut mieux faire. C’est le constat dressé par les différents intervenants – dirigeants d’entreprise, professionnels de santé, chercheurs… - évoquant le potentiel de développement de la filière toulousaine lors de la Ref Santé organisée le 22 septembre à Labège (31) par le Medef Haute-Garonne en présence de près de 200 professionnels. Malgré de nombreux atouts liés à la présence de plusieurs laboratoires de pointe, d’établissements de santé publics et privés performants et d’entreprises spécialisées de toutes tailles, l'écosystème local souffre d’un manque de structuration et peine encore à fédérer ses acteurs en vue de positionner durablement la Ville rose en référence incontournable, expliquent ses représentants.

Manque de gouvernance
« Toulouse souffre de la culture de l’aéronautique et n’injecte pas les moyens supplémentaires pour mettre la santé sur le même pied, explique ainsi Émilie Royère, directrice générale du pôle de compétitivité Eurobiomed, spécialisé dans les technologies de la santé. Cela passe par une gouvernance de la filière locale pour lever les verrous, trouver des solutions avec la mise en place d’une véritable stratégie publique de filière. » Selon l'experte, la priorité est d’attirer à Toulouse les financements et les investisseurs tout en facilitant l’implantation d’entreprises du secteur. « Cela passe par des moyens accrus en termes de foncier, d’offre d’hébergement au sein d’incubateurs ou d’hôtels d’entreprises. La compétition étant mondiale, vivre sur ses acquis est insuffisant. Des verrous sont à lever pour accélérer l’innovation en santé à Toulouse. » Un constat partagé par Éric Ducournau, directeur général du groupe pharmaceutique tarnais Laboratoires Pierre Fabre. « Malgré l’excellence scientifique toulousaine, il faut construire une véritable chaîne de valeur et réindustrialiser, explique le dirigeant en déplorant par ailleurs la fermeture de l’IUT de chimie de Toulouse, qui pénaliserait le développement de la filière santé locale. Nous devons désormais aller recruter nos chimistes ailleurs en France. »

Changement d'échelle
Directrice du développement et du pôle innovation de la Caisse d’Épargne Midi-Pyrénées, Carole Gautier évoque également le potentiel toulousain et la nécessité de passer à la vitesse supérieure
 : « L’écosystème toulousain est rare. Il associe recherche, soin, innovation et entreprise. Toulouse a donc une légitimité réelle dans ce domaine avec une chaîne de valeur allant du laboratoire aux patients. Le vrai défi est de passer à l’échelle industrielle. » Spécialisé dans l'analyse des données de santé grâce à l'intelligence artificielle générative avec l’entreprise BOTDesign, qu’il a cofondé à Toulouse, Jean-Louis Fraysse partage cette analyse. « Toulouse est une grande ville où tout est réuni. Mais localement, la santé est encore une filière en devenir qui doit être davantage accompagnée, notamment en termes de foncier et de capacités de capital-investissement, pour se développer », observe le dirigeant. Forts de ces atouts, tous espèrent bâtir un pôle national et international de référence à l’image de l’aéronautique et du spatial.

L'aéronautique en modèle
« Airbus est un exemple de souveraineté réussi, commente à ce sujet Marc Lemonnier, président fondateur de la société biopharmaceutique haut-garonnaise Antabio, spécialisée dans les traitements antibactériens. Pour y parvenir en santé, il faut financer l’innovation en adressant toutes les chaînes de valeur. Quand l’Europe veut sauver un écosystème, cela fonctionne, à l’image de l’aéronautique. » Un message relayé par Philippe Douste-Blazy, ancien maire de Toulouse, ancien ministre de la Santé et président de la Fondation Toulouse Cancer Santé : « Il ne faut pas laisser Toulouse marcher avec un seul pied, qui est l’aéronautique. Pour y parvenir, nous devons construire ici un véritable écosystème de santé associant l’ensemble des acteurs », plaide-t-il.

David Danielzik / danielzik@lalettrem.net
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