À Toulouse, PrintOclock change d’échelle
La société toulousaine PrintOclock, spécialisée dans l’impression en ligne pour les professionnels, déploie son nouveau siège de 7 000 m² dans le sud de Toulouse, à proximité de son atelier historique. Montant de l’opération : 5 M€, auxquels s’ajoutent 2 M€ engagés ces dix derniers mois dans de nouveaux équipements de production. Depuis l’intégration de la PME héraultaise MainGauche en avril, le groupe présidé par Antoine Roux est implanté dans les deux métropoles occitanes et compte désormais 160 salariés. Il prévoit de réaliser 23 M€ de chiffre d’affaires en 2026 et affiche une ambition de 40 M€ en 2030. Une trajectoire de croissance organique qui doit permettre à PrintOclock de changer de dimension et de devenir une ETI.
« Cette inauguration est un jalon stratégique pour écrire le futur de notre groupe », souligne Antoine Roux, fondateur et président de PrintOclock. Créée en 2008, l’entreprise reste attachée à son implantation historique : son atelier de 1 700 m², situé à quelques mètres du nouveau siège, est conservé et continue d’accueillir l’activité d’impression papier. Le nouveau bâtiment accueille pour sa part le siège social, une partie de la production, l’activité de grand format et un centre de traitement automatisé des flux.

7 000 m² pour changer d’échelle
Ce nouveau site doit surtout accompagner le changement d’échelle de l’entreprise. Les anciens locaux n’étaient plus adaptés à l’intégration de nouvelles machines, à l’optimisation de la logistique et à l’accueil de nouveaux salariés. PrintOclock voit déjà plus loin : 4 000 m² du nouveau bâtiment restent aujourd’hui inexploités, constituant « une réserve pour de futurs projets ». Cette nouvelle capacité immobilière s’accompagne d’un renforcement de l’outil industriel. Au cours des dix derniers mois, le groupe a consacré 2 M€ à de nouveaux équipements. Il a notamment doublé sa capacité d’impression papier dans son atelier historique, installé des équipements de finition et de façonnage et développé un nouveau segment dans l’impression textile. « Nous avons bénéficié de l’aide de la Région via le fonds Feder, qui nous a accordé 10 % », précise le dirigeant.
L’effort d’investissement doit se poursuivre dès 2027 dans les trois sites du groupe. PrintOclock prévoit notamment de moderniser sa sérigraphie, d’installer un nouveau module de brochage et de développer ses capacités en sublimation et en impression UV. La société envisage également d’automatiser et de robotiser certaines lignes du nouveau site toulousain.
MainGauche, première opération de croissance externe
Cette nouvelle étape s’accompagne d’un changement de dimension sur le plan géographique. En avril, PrintOclock a intégré MainGauche, une PME héraultaise placée en liquidation judiciaire qui comptait une soixantaine de postes. Le groupe s’appuie désormais sur trois sites : deux à Toulouse et un à Saint-Jean-de-Védas, près de Montpellier. Pour accompagner cette nouvelle organisation, Philippe Nogues a rejoint le groupe au début de l’été en tant que directeur général de MainGauche et de l’unité de production toulousaine. Il était auparavant directeur des ventes internationales de Solo Group, spécialiste de la distribution de prêt-à-porter personnalisable.
Cette première opération de croissance externe reste à consolider avant d’envisager de nouvelles acquisitions. « Pour le moment, nous allons nous concentrer sur l’assimilation de la structure héraultaise et notre croissance organique. Nous allons nous donner du temps pour faire croître PrintOclock », explique Antoine Roux. De nouvelles opérations pourront néanmoins être envisagées à terme, notamment pour entrer sur des marchés comme les étiquettes ou les objets publicitaires.

Objectif 2030 : 40 M€ de chiffre d'affaires
Cette volonté de privilégier la croissance organique s’inscrit dans une trajectoire déjà soutenue. PrintOclock évolue sur un marché français de l’imprimerie qui, selon Antoine Roux, « a perdu 38 % de sa valeur depuis 2010 ». L’entreprise affiche pourtant une progression continue : son chiffre d’affaires a quasiment doublé entre 2019 et 2025, pour atteindre 20 M€ l’an dernier. Elle vise 23 M€ cette année, avec une croissance attendue de 17 %, puis 20 % l’année suivante. « Nous voulons devenir un groupe structuré et une ETI pour redoubler notre chiffre d’affaires entre 2025 et 2030 », résume le fondateur. L’objectif fixé pour 2030 est de 40 M€ de chiffre d’affaires en organique, hors contribution de MainGauche.
Pour accompagner cette croissance, le groupe cherche également à gagner en efficacité grâce à l’IA. PrintOclock traite plus de 300 000 commandes chaque année et entend exploiter cette masse de données pour améliorer ses processus, de la conception à l’exécution. « L’IA est nourrie avec nos datas. Nous avons intégré le code, les avis clients. Elle nous permet de faire fusionner ces masses de données pour nous proposer des plans par rapport à des objectifs fixes », détaille Antoine Roux. L’outil intervient à la fois dans la conception, notamment pour le design, et dans l’exécution, afin de faciliter la coordination entre les services.

La priorité : le marché français
Cette stratégie doit d’abord permettre au groupe de consolider son activité avant d’accélérer à l’étranger. PrintOclock réalise déjà des ventes hors de France et dispose notamment d’un site internet en Espagne, mais l’international n’est pas sa priorité immédiate. Le groupe souhaite d’abord renforcer son offre de produits sur son marché, dans un secteur que le dirigeant décrit comme « très atomisé », avec environ 3 000 acteurs en France. Il identifie notamment Cimpress, propriétaire de VistaPrint, comme un concurrent majeur. PrintOclock entend donc poursuivre son développement sur ses produits et son outil industriel avant d’aller plus loin dans son déploiement international.











