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Immobilier
| 20/11/2025

Lionel Séropian (Nexity) : « Permettre au particulier de redevenir un acteur économique »

Lionel Séropian, directeur général Sud – Occitanie et Paca du groupe immobilier Nexity ; perspective de la résidence Omana, à Montpellier
© E.Legouhy / Virtual Building

Directeur général Sud – Occitanie et Paca du groupe immobilier Nexity (3 924 salariés et 3,3 Md€ de CA), Lionel Séropian analyse pour La Lettre M un marché du logement régional en net ralentissement, plombé par la chute des investisseurs particuliers et par une offre de mises en vente en repli. Malgré un « encéphalogramme plat », Nexity porte plusieurs opérations structurantes à Montpellier comme à Toulouse, avec des livraisons prévues dès 2027. Le dirigeant appelle à redonner un rôle central au particulier, notamment par la création d’un statut du bailleur privé et par la prolongation du prêt à taux zéro.

Depuis le début de l’année, Nexity a livré 712 lots dans la région et déposé des permis de construire pour 746 logements. Quelle est la tendance du marché du logement en Occitanie ?
Elle est la même qu’au niveau national. Nous observons une chute des investisseurs particuliers depuis la fin du dispositif Pinel, qui n’est pas compensée par la progression des accédants à la propriété. Elle est d’autant plus marquée dans l’ouest de la région, territoire historiquement dédié au marché de l’investissement locatif. Nous observons par ailleurs une tendance baissière de l’offre des mises en vente, mais les besoins sont tels que j’ai espoir en la capacité des sphères publique et privée de pousser vers un objectif commun de bâtir.

Quels grands projets le groupe Nexity porte-t-il à Montpellier ?
La filiale montpelliéraine de Nexity développe à la fois l’aménagement et la promotion immobilière. Actuellement, nous travaillons sur plusieurs opérations majeures, à commencer par la résidence Omana, dans la Zac de la Restanque, à Montpellier (bailleurs : ACM Habitat et CDC Habitat, NDLR), un quartier de 126 hectares en plein renouvellement urbain et dédié à la primo-accession. Cette opération prévoit la livraison, en novembre 2027, de 238 logements répartis dans huit bâtiments, parmi lesquels 52 lots en bail réel solidaire (BRS). Aussi, à Cournonterral, nous avons une autre opération significative, où nous sommes à la fois aménageur et promoteur. Ce programme compte 57 logements et sa livraison est prévue au premier trimestre 2028. Enfin, nous allons lancer début 2026 les travaux de la résidence Bahia, un programme de 66 logements situé dans le quartier de Port Marianne - Consuls de mer (bailleur : ACM, NDLR). Il devrait être livré au quatrième trimestre 2027. 

Et à Toulouse ?
Cette année, trois opérations majeures à Toulouse structurent le marché de la filiale. Dans le quartier Jolimont, nous prévoyons de livrer une résidence étudiante Studéa de 119 studios au quatrième trimestre 2027. Cette opération My Jolimont comprend aussi un bâtiment de 5 700 mde bureaux et de 444 m2 de commerces, une pension de famille de 49 logements gérée par Soliha, et deux autres bâtiments d’une centaine de logements sociaux comprenant une crèche, qui seront livrés début 2028. Dans le quartier Amouroux, nous avons un programme de 175 logements répartis dans deux immeubles. Les travaux devraient démarrer après l’acquisition du terrain au premier trimestre 2026, pour une livraison trois ans plus tard. Enfin, nous allons bientôt démarrer les travaux d’une résidence étudiante de 136 logements nommée Agora, dans le quartier Purpan à Toulouse. La livraison est prévue pour juillet 2027. 

Voyez-vous des signaux de reprise ou la crise reste-t-elle profonde ?
C’est un encéphalogramme plat. Il n’y aura pas de miracle. En 2023, nous avions enregistré 1 500 ventes de logements, puis 1 200 l’année suivante. En 2025, ce dernier chiffre devrait stagner. Dans les mois qui viennent, il sera indispensable de créer un environnement qui permette au particulier de redevenir un acteur économique. Par exemple, la création du statut du statut bailleur privé ferait revenir l’investisseur particulier, et la prolongation du prêt à taux zéro (PTZ) de l’État permettrait à plus de Français d’accéder à la propriété. La simplification des procédures liées à la délivrance des autorisations de construire et la facilitation de la mise en œuvre des documents d’urbanisme sont des mesures qui y contribueraient également.

Quelles sont vos perspectives pour l’année à venir ? 
Les opérations existent déjà mais sont soumises à une tension d’autorisation de construire, de lancements commerciaux... À Toulouse, la perspective est la même que l’année précédente, avec environ 400 à 450 logements prévus, et une répartition entre les ventes en bloc et les ventes au détail à peu près équivalent, sur des marchés très opportunistes. Par exemple, nous travaillons sur un lot de la Zac de La Cartoucherie, qui pourrait voir le jour en 2026. À Montpellier, nous prévoyons environ 350 logements, ce qui représente 10 % de parts de marché. Concernant l’immobilier d’entreprise, la demande placée est très difficile car les investisseurs ont déserté le marché de l’immobilier en France. Ce qui anime notre marché est de réaliser des projets tertiaires pour des acquéreurs-utilisateurs, même si ce marché reste tendu en raison de la fragilité pour investir des PME et TPE. 

Propos recueillis par Laurie Correia / correia@lalettrem.net
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