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Région Occitanie
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Finances / Institutions
| 24/01/2025

Ambroise Fayolle : « Pour la BEI, l’Occitanie est la première région d’investissement en France »

Ambroise Fayolle, vice-président de la Banque européenne d’investissement (BEI), aux côtés de Jean-Luc Moudenc, maire de Toulouse et président de Toulouse Métropole, le 23 janvier
© BEI

De passage en Occitanie les 23 et 24 janvier, Ambroise Fayolle, vice-président de la Banque européenne d’investissement (BEI), répond en exclusivité aux questions de La Lettre M.

Vous avez signé le 23 janvier avec la Ville de Toulouse un contrat de financement de 180 M€ sur 25 ans destiné aux équipements scolaires, préscolaires et d’accueil des jeunes publics, dans le cadre du projet « Éducation Toulouse ». De quoi s’agit-il ? 
Rappelons tout d’abord que nous avons vocation à financer des projets qui ont un intérêt européen. Notée « triple A », la BEI est en quelque sorte une banque à mission, avec une priorité : la lutte contre les effets du changement climatique. Le contrat que nous venons de signer avec la Ville de Toulouse en est l’illustration. Car il s’agit de répondre à la demande croissante d’infrastructures, en lien avec l’attractivité du territoire, tout en menant des opérations présentant un haut niveau de performance énergétique (au total, ce financement – sous forme de prêt - va accompagner la réalisation d’une quarantaine de projets, dont la création de 12 groupes scolaires, la rénovation et l’agrandissement de 13 écoles et de 10 autres installations et établissements accueillant des enfants, NDLR).

Plus largement, dans quelle mesure la BEI intervient-elle en Occitanie et sur quels types de projets ?
Pour la BEI, l’Occitanie est la première région d’investissement en France, avec actuellement 2,7 Md€ d’encours. Nous intervenons principalement sous forme de prêts, et ce dans de nombreux secteurs. Dans l’éducation, nous avons notamment accordé 235 M€ de prêts à la Région pour la rénovation et la construction de nouveaux lycées. Nous sommes également présents auprès d'elle dans le champ de la mobilité ferroviaire, avec l’achat de matériels roulants. De même, je pense que l’on fera appel à la BEI au moment du tour de table de la LGV Bordeaux-Toulouse... Ce qui caractérise la Région Occitanie, tout comme la Région Nouvelle-Aquitaine, d’ailleurs, c’est l’utilisation d’instruments financiers permettant de générer des effets de levier au bénéfice des PME du territoire. Ce matin (le 23 janvier, NDLR), avec Jalil Benabdillah, vice-président de la Région Occitanie en charge de l’Économie, de l’emploi, de l’innovation et de la réindustrialisation, nous avons visité deux entreprises toulousaines, Application du bois et Bricafeu, qui portent des projets d’extension soutenus par des prêts bancaires garantis dans le cadre du dispositif Foster. Et demain (le 24 janvier, NDLR), nous irons dans le Tarn pour découvrir Trifyl, une unité de tri et de valorisation des déchets dont les investissements ont été soutenus par la BEI via un prêt de 40 M€. Enfin, toujours avec la Région, nous finançons des initiatives comme le corridor hydrogène ou les projets d’infrastructures portuaires à Port-la-Nouvelle, et travaillons avec l’Arec (Agence régionale énergie climat, NDLR) et le Fonds Tourisme Occitanie. Par ailleurs, nous accordons des prêts en direct permettant de financer des entreprises dans les secteurs innovants des biotechs, des énergies renouvelables et de la décarbonation. Je pense par exemple à des projets d’éoliennes offshore, qui sont à la fois très risqués et très capitalistiques, mais aussi aux nouveaux modes propulsifs dans l’aéronautique. Enfin, nous sommes présents, cette fois-ci en quasi-fonds propres, auprès d’entreprises très innovantes comme Quantum Surgical et Medincell, dans l’Hérault, ou encore Alteia et Evotec, en Haute-Garonne.

Dans cette période d’incertitude au niveau national, les fonds européens sont plus que jamais stratégiques pour accompagner les projets structurants des collectivités. Mais ont-ils vocation à pallier - même dans une certaine mesure - la baisse des dotations de l’État ?
Nous voyons bien que la BEI, avec sa notation « triple A », est de plus en plus compétitive en France. Mais lorsque nous accompagnons un projet porté par une collectivité, nous veillons à ce qu’il y ait toujours un équilibre entre les différents types de ressources. Nous finançons rarement plus de la moitié d’un projet et n’accordons pas de subventions. Nous appliquons par ailleurs le principe d’additionnalité : si un projet peut être financé sans nous, tant mieux ! 

Vous êtes cependant de plus en plus sollicités...
C’est vrai, nous sommes de plus en plus sollicités, car nos partenaires voient le succès de ceux qui ont mis en place des projets avec nous. Et j'insiste sur ce point : nous faisons le lien de façon très explicite entre la thématique du climat et la compétitivité. La demande est donc en croissance, car les besoins d’investissements sont là.

Propos recueillis par Alexandre Léoty / leoty@lalettrem.net
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