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Hérault
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Immobilier
| 3/10/2024

Olivier Colcombet (groupe Digit RE) : « Nous sommes prêts pour la reprise du marché de l’immobilier »

© Digit RE / CCO

À la tête du plus ancien réseau français de conseillers indépendants en immobilier, le président du groupe héraultais Digit RE évoque en exclusivité pour La Lettre M l’impact de la crise du logement sur ses activités et sa stratégie pour maintenir ses parts de marché. Entretien.

Comment est organisé le groupe que vous présidez ?
Créé en 2016, Digit RE pilote et accompagne les sociétés du pôle immobilier des groupes LFPI et Artemis. Nous exploitons les réseaux nationaux de conseillers indépendants en immobilier Capifrance et Optimhome ainsi que les plateformes spécialisées Dili et Toutvabiens.com. Le groupe gère également son propre centre de formation, la DigitRE Académie, implantée à Castelnau-le-Lez, près de Montpellier. Ce site abrite également l’ensemble de nos activités de support et les 120 salariés du groupe. Au total, 4 700 conseillers travaillent actuellement au sein de nos deux réseaux commerciaux.

Quel est l’impact de la crise de l’immobilier sur l’activité du groupe ?
La période que nous traversons depuis déjà plusieurs mois est incontestablement marquée par une baisse du volume des transactions. Cela s'explique clairement par les difficultés d'accès au crédit des acquéreurs et à la hausse des taux d’intérêt. Le recul global est de l’ordre de 30 % au sein de nos réseaux. Nous avons également perdu une partie de nos effectifs ces derniers mois. Dans ce contexte difficile, notre modèle économique nous a permis de mieux résister que nos concurrents directs, à savoir les agences immobilières. Près de 1 500 d’entre elles ont fermé leurs portes depuis un an au niveau national.

Constatez-vous des signaux de reprise ?
Sur les neuf premiers mois de l’année, le constat est différent selon les trimestres. Le premier s’est traduit par une baisse comparable à celle observée à la même période en 2023, avec un recul de 25 % de l’activité. Le second trimestre a été caractérisé par une reprise à la hausse du nombre de mandats de vente proposés par nos deux réseaux. Enfin, les trois derniers mois laissent augurer une fin d’année encourageante, avec une hausse significative des transactions. Et les visites s’enchaînent dans l’ensemble du territoire pour nos conseillers, ce qui constitue un signal positif pour la suite.

Quel est votre plan d’action à l’heure où se profile le redémarrage du marché ?
Nous avons mis à profit ces deux dernières années pour nous structurer et nous organiser en vue de cette reprise. Notre plus grand chantier a concerné la digitalisation. L’objectif était de fournir les meilleurs outils à nos conseillers en vue de faciliter et d'optimiser leur activité. Les bons de visite sont désormais disponibles sur les mobiles qu’ils utilisent et nous avons généralisé la signature électronique. Chaque conseiller peut également créer son propre site Internet pour présenter son offre de biens immobiliers. Optimhome a par ailleurs lancé en avril dernier sa propre application. Elle permet d'organiser et de sécuriser les visites, d'importer et de gérer les contacts, de partager des informations comme la fiche commerciale ou le bon de visite et de suivre les biens sous mandat en temps réel. Ces fonctionnalités visent à accroître la réactivité, la flexibilité et la sécurité des transactions tout en renforçant notre engagement en termes de RSE (responsabilité sociétale des entreprises, NDLR). Un accent particulier a également été mis sur leur formation. Nos conseillers ont désormais la possibilité de suivre des cours en ligne avec un nouveau programme de dix modules proposé depuis début septembre. Ce plan « de considération » de nos salariés a été coconstruit avec eux. Et ce virage numérique s’est traduit par l’embauche de 50 développeurs. Au-delà de cette stratégie digitale, l’une des forces de notre groupe réside dans le process spécifique à chaque recrutement de conseillers. Nous ciblons l’excellence, ce qui se traduit au niveau des ventes. Près de la moitié des mandats de vente que nous proposons est exclusive, ce qui nous permet de qualifier notre offre avec des délais de vente réduits. De fait, nous devrions redresser la barre dès cette année avec un chiffre d’affaires de l’ordre de 150 M€, contre 250 M€ avant la crise. Et nous espérons une nouvelle progression, de l’ordre de 10 %, en 2025. Nous sommes en ordre de marche !

David Danielzik / danielzik@lalettrem.net
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