Un partenariat inédit entre l’Oncopole, Airbus et Accuray autour de l’IA prédictive
Le géant aéronautique toulousain Airbus, l’Américain Accuray, acteur de la radiothérapie de précision, et l’Oncopole dévoilent le 4 septembre à Toulouse un accord de coopération inédit autour de l’intelligence artificielle (IA) prédictive. L’objectif est, grâce aux compétences et savoir-faire croisés de ces trois acteurs, de développer des solutions s’appuyant sur l’IA prédictive pour anticiper les problèmes de performance et améliorer la maintenance des équipements de radiothérapie. L’Oncopole traite environ 3 500 patients par an par radiothérapie et une panne de l’une des sept machines du site toulousain - ce qui arrive deux fois par mois en moyenne - entraîne un report ou une modification du suivi quotidien des patients.
De la donnée à l'algorithme
Jean-Pierre Delord, directeur général de l’IUCT-Oncopole, se réjouit de ce partenariat qui doit selon lui « faciliter la prise en charge des patients ». « L’amélioration des traitements vient souvent des disciplines qui se croisent et il faut une confiance implicite entre tous les acteurs. Cet exemple doit montrer que l’Oncopole est le bon endroit pour mener des projets transdisciplinaires », ajoute-t-il. Ce travail commun entre des ingénieurs d’Airbus, les équipes d’Accuray et les département radiothérapie et physique médicale de l’IUCT-Oncopole a débuté il y a deux ans. Il consiste à traiter les quantités énormes de données issues des appareils de radiothérapie pour élaborer un algorithme pertinent permettant de prédire les défaillances à l’aide de l’IA.
« Nous avons développé des outils de maintenance prédictive pour les avions. L’idée est de voir comment appliquer cela à ces machines et nos ingénieurs y travaillent, en collaboration avec nos deux partenaires », précise Klara Wittkowski, directrice du développement de la R&T et des partenariats chez Airbus. « Le diagnostic et la réparation ont un coût financier et humain, pour les patients. L’objectif est de passer d’un modèle réactif à un modèle prédictif pour réduire les interruptions de traitement », appuie Philippe Degrèze, vice-président marketing international de Accuray. Le groupe américain a investi 200 k$ dans la phase un de prototypage. Le partenariat tripartite se dote d’un doctorant en génie mathématique et modélisation qui va s’appliquer à consolider les modèles. Une perspective encourageante lorsque l’on sait que 400 000 nouveaux cas de cancers sont détectés en France chaque année et que 50 % d’entre eux nécessitent des radiothérapies.











