Catana Group prévoit d’investir 40 M€ pour produire des catamarans XXL
Basé à Canet-en-Roussillon, le fabricant de catamarans Catana Group étudie un projet de nouveau site de production de plus de 20 000 m2 pour un coûtestimé à 40 M€. Objectif : produire des bateaux de grande taille à l'image du Bali 5.8 (58 pieds). Un nouveau modèle qui sera dévoilé en septembre prochain. « Déjà à l’étroit pour produire les Bali 4.8 et 5.4, nous avons besoin d'un site adapté pour réaliser le Bali 5.8, explique Aurélien Poncin, PDG de Catana Group, en marge de la venue du préfet des Pyrénées-Orientales et du président de la CCI fin juillet. Des discussions sont en cours. Il nous faut 7 ha pour construire 20 à 25 000 m2 dans la zone du pôle nautique. »
Le préfet confiant
Thierry Bonnier, préfet des Pyrénées-Orientales, s’est dit « confiant » quant à l’aboutissement du projet d’extension de Catana Group implanté dans la communauté urbaine Perpignan Méditerranée Métropole, qui a obtenu le label « Territoire d’industrie ». De son côté, Laurent Gauze, président de la CCI des Pyrénées-Orientales, confirme qu’il y a « un potentiel de 10 ha de foncier disponible dans la zone du pôle nautique », en précisant être dans l’attente des autorisations administratives. « Investir dans cette extension est une solution durable pour répondre à nos besoins pour la décennie à venir. Ce projet va nous aider à développer une expertise dans la production de grandes unités et suivre la tendance du marché », complète Aurélien Poncin, qui envisage notamment de conserver un bâtiment « labo » pour développer des innovations.
Innovations et IA
Le dirigeant entend « renforcer les qualités de la gamme Catana et de la gamme Bali, un concept disruptif pour les puristes du nautisme lancé en 2014. Il s’agit également de poursuivre le développement des catamarans à moteurs Yot avec le lancement du Yot 41 cette année. » Celui-ci confirme que le secteur du nautisme n’échappe pas à la montée de l’innovation et notamment l’arrivée de l’intelligence artificielle (électrification des moteurs, traitement de l’eau, production d’énergie solaire, data, domotique...). « Les datas que nous recueillerons vont nous aider à améliorer la conception de nos bateaux mais également à optimiser nos capacités de production », concède-t-il. Si l'activité menuiserie sera maintenue à Rivesaltes, les bâtiments actuels seront réaffectés à d’autres usages.
Montée en compétences
Le site de production industriel de Canet-en-Roussillon produit en moyenne entre 50 et 100 bateaux par an et s’appuie sur un pôle menuiserie implanté à Rivesaltes. « Après deux années d’euphorie, qui ont vu nos volumes de production doubler (environ 300 unités Catana et Bali livrées en 2023, NDLR), liées à une demande accrue de produits de loisirs post-Covid, nos effectifs ont également grossi pour atteindre désormais 500 salariés (dont 25 % de femmes, NDLR) entre le site de production et la menuiserie. Près de 50 % de notre effectif a à peine deux ans d’expérience. Le ralentissement actuel du marché de la plaisance va nous aider à faire monter en compétences ces collaborateurs qui avancent en marche forcée depuis leur arrivée », précise le dirigeant du deuxième fabricant mondial de catamarans. Le groupe recherche actuellement des profils de méthodiste.
Relais de croissance
Malgré ce contexte contraint, le groupe anticipe une croissance de 10 % du chiffre d’affaires sur l’exercice 2023-2024 (CA 2022-2023 : 204,9 M€). Les derniers chiffres publiés par le groupe coté montrent une progression de 16 % sur les neuf premiers mois de l’exercice, avec 167 M€ contre 144 M€ en 2022-2023. « Nous sentons que la demande se normalise, explique le dirigeant. Mais nous restons sur notre dynamique en lançant des relais de croissance comme les bateaux de grande taille à titre d'exemple. Nous avons investi près de 3 M€ pour produire le Bali 5.8, qui sera dévoilé notamment aux salons nautiques de Cannes en septembre et d’Annapolis aux États-Unis en octobre. Nous faisons également évoluer notre approche commerciale. Nous étions jusqu’alors concentrés sur les grands loueurs professionnels, nous allons désormais également nous orienter vers les loueurs de petite et moyenne taille, qui représentent 70 % du marché mondial. »











