Occitanie Geotex investit 25 M€ en Ariège pour produire du géotextile à base de chanvre local
Occitanie Geotex, créée en 2023 à Lavelanet, investit 25 M€ dans la production de géotextile issu de chanvre occitan, « naturel, biosourcé et biodégradable », indique son fondateur Victor Lamego. Également président de Biotex Technologie (spécialisée dans le textile des EPI et de la santé), le dirigeant estime avoir une carte à jouer sur un marché mondial d’environ 40 Md€, soit 3 % du marché du textile. Et la Région Occitanie y croit : avec ses différentes structures, elle finance 4,9 M€ des 7 M€ nécessaires pour l’immobilier, va intervenir au capital à hauteur de 2 M€ et prête 1 M€ supplémentaire. Une demande de 6 M€ auprès de l’Ademe est également en cours. Le projet devrait aboutir fin 2025 et créer 40 emplois directs.
« Aujourd’hui, 97 % du textile mondial est pétrosourcé », explique le président de la société ariégeoise lors d’une visite de Carole Delga, présidente de la Région Occitanie, le 20 mars. Et d'ajouter : « Cette filière est responsable de 20 % des émissions de CO2 dans le monde ; alors nous portons une ambition internationale avec notre solution biosourcée et biodégradable. Et nous ne sommes pas les seuls à y croire : c’est Autefa, une société allemande, qui nous a permis de produire nos premiers prototypes de biotextile et nous compterons sur elle dans le futur pour industrialiser une partie de nos lots. »
Sur les 25 M€ d’investissement, 18,5 M€ sont prévus pour l'industrialisation sur une surface de 10 000 m² dans la commune de Lavelanet, où Biotex Technologie est déjà installée.
La création d’une filière chanvre régionale
Avec sa solution issue de matières naturelles, Occitanie Geotex vise principalement les secteurs du bâtiment et des travaux publics. Comme matière première, Victor Lamego a choisi le chanvre occitan, malgré un fort déclin de sa production dans le territoire : en 1800, il représentait plus de 200 000 hectares de culture, contre dix seulement en 2023. Le dirigeant a décidé de relancer totalement la filière et mobilise plus de 300 agriculteurs en vue d'atteindre une production de 3 000 hectares à horizon 2027. Une grande partie de ces cultures se situera dans l’Aude, pour un objectif final de 12 000 tonnes annuelles de paille.
« Dans un bloc de paille, il y a 23 % de fibres dont nous pourrons nous servir pour mettre au point nos textiles, précise le dirigeant. Le reste sera envoyé à des usines qui produisent du béton de chanvre par exemple, ou sera brûlé pour alimenter l’usine. L’avantage du chanvre, pour nos agriculteurs partenaires, en plus de diversifier leurs cultures, est que le chanvre ne s’arrose quasiment pas, à l’image du tournesol. »











