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Haute-Garonne
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Aéronautique et spatial
| 5/03/2024

Pourquoi Thales Alenia Space va supprimer 1 300 postes

© Alexandre Léoty

Thales Alenia Space (TAS), entité spatiale de Thales dont l’établissement toulousain concentre 2 800 salariés – sur un total de 8 600 personnes dont 4 500 en France –, va supprimer 1 300 postes, dont environ 1 000 dans l’Hexagone, et les « redéployer » au sein du groupe en 2024-2025. Objectifs ? « Ajuster les ressources au niveau d’activité, optimiser l’empreinte industrielle sur le périmètre européen, réduire les coûts de la chaîne d’approvisionnement et d’achat et simplifier le modèle opérationnel », indique TAS, qui précise qu’il n’y aura « aucun départ contraint ». Le site toulousain de la société conjointe entre Thales (67 %) et Leonardo (33 %) est dirigé depuis octobre dernier par Nathalie Font.

Restaurer la profitabilité de l'activité spatiale
Cette annonce, faite le 5 mars à l’occasion de la présentation des résultats annuels du groupe, est liée – sur le segment des télécommunications commerciales – à « des coûts de développement élevés pour concevoir sa nouvelle génération de satellites géostationnaires (…) numériques et reconfigurables en orbite », mais aussi à « des difficultés » sur la chaîne d’approvisionnement ayant contraint TAS à « changer de fournisseurs sur certains sous-systèmes et revoir le design du satellite ». Par ailleurs, la production de ces nouveaux satellites représente selon l’entreprise spatiale « une charge de travail très inférieure à la charge requise pour fabriquer un satellite géostationnaire classique ». Enfin, « le marché adressable des satellites géostationnaires civils de télécommunication ouvert à la compétition se stabilise structurellement à un niveau bas », représentant désormais une dizaine d'appareils par an, contre le double il y a encore quelques années.

Au travers de ce plan, TAS entend « restaurer de manière pérenne la profitabilité de l’activité spatiale avec l’objectif d’une marge d’Ebit de l’ordre de 7 % à moyen terme tout en maintenant les compétences permettant la réalisation d’opportunités commerciales ».

Vers des reclassements en interne
Ce « plan de redimensionnement et d’accompagnement » comprend plusieurs pistes de reclassement, avec une mobilité interne possible au sein d'autres entités de Thales ou vers les Centres de compétences d’ingénierie (ECC), capacités d’industrie et d’ingénierie partagée servant « d’autres projets du groupe ». Parallèlement, 7 000 recrutements sont prévus en France en 2024 et 2025 par Thales afin d’accompagner « la forte croissance » de ses autres activités.

TAS, qui a enregistré 2,2 Md€ de chiffre d’affaires en 2023, est spécialisée dans l’observation, l’exploration et la navigation (67 % de son activité globale), mais aussi dans les télécommunications commerciales (33 %). Le groupe Thales a enregistré 18,4 Md€ de chiffre d’affaires en 2023, en croissance de 4,9 %.

Alexandre Léoty / leoty@lalettrem.net
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