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Finances
| 27/09/2023

La CRC pointe des « points de fragilité majeurs » dans la gestion financière de Nîmes Métropole

Siège de Nîmes Métropole
© Nîmes Métropole

La Chambre régionales des comptes (CRC) pointe des « points de fragilité majeurs » dans la gestion financière de la communauté d’agglomération Nîmes Métropole dans un rapport publié le 26 septembre. En cause, une situation « d’endettement préoccupante ». Selon l’instance, la collectivité procède « à un recours important à l’emprunt, au-delà des besoins de financement immédiats des investissements. » L’encours de la dette de la collectivité s’élève à 460 M€, soit une capacité de désendettement de 10,5 ans. La CRC, qui a passé au crible la gestion de la période allant de 2019 à 2021, relève cependant une amélioration de « la qualité de la tenue des comptes » par rapport à son précédent rapport portant sur la période 2014-2018.

Un recentrage stratégique

L’avant-dernier rapport de la CRC soulignait ainsi un niveau d'endettement « supérieur de moitié à la moyenne régionale ». Après avoir atteint 476 M€ en 2020, la dette de Nîmes Métropole a diminué en 2021 pour se stabiliser à son niveau actuel. Les recettes ont quant à elles augmenté, permettant à la collectivité une meilleure capacité d'autofinancement grâce à une hausse des produits fiscaux. La CRC souligne par ailleurs que l’action de Nîmes Métropole s’est recentrée autour de quatre axes : développement économique, transport et mobilité, sécurité des biens et des personnes et transition écologique et développement durable. La chambre préconise ainsi de maintenir un niveau d'endettement adapté aux besoins réels de financement et d'investissement. L’instance insiste aussi sur la nécessité d'intégrer les dossiers de gestion de la Gemapi (Gestion des milieux aquatiques et prévention des Inondations) et de l’aéroport de Nîmes à ses comptes et d’y inclure les dettes correspondantes : 19 M€ pour la Gemapi et 3 M€ pour l'aéroport.

L’aéroport de Nîmes aussi en difficulté

Dans un deuxième rapport également daté du 26 septembre, la CRC constate des difficultés de gestion rencontrées par l'aéroport de Nîmes. L’infrastructure, qui n’accueille que la seule compagnie Ryanair, est confrontée à la forte concurrence des aéroports voisins de Marseille et Montpellier. Portant sur les exercices 2017 à 2021, le document souligne que l'opérateur privé Edeis, à qui Nîmes Métropole a délègué la gestion de l'aéroport, bénéficie de « contrats particulièrement déséquilibrés » en sa faveur. Situation lui permettant de dégager des bénéfices bien que l'activité commerciale de l'aéroport soit structurellement déficitaire. Il existe, selon la chambre, « un manque de transparence » des liens contractuels entre Edeis et la compagnie irlandaise. « Les projections de trafic les plus optimistes ne permettent pas d'atteindre un point d'équilibre sans aides publiques, soit 8,1 M€  entre 2022 et 2028 » abonde l'institution qui estime que ces aides pourraient être jugées illégales par la Commission européenne.

Mickaël Deneux / deneux@lalettrem.net
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