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Région Occitanie
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Infrastructures / Transports - Logistique
| 7/03/2023

L'appel de Jean-Louis Chauzy à démarrer « au plus vite » les chantiers ferroviaires

Président du Ceser Occitanie, Jean-Louis Chauzy préside aussi Eurosud Team, association de veille et de promotion des grands projets de transports dans le Sud-Ouest. / photo © Lydie Lecarpentier

Président du Conseil économique social et environnemental (Ceser) Occitanie et d’Eurosud Team, Jean-Louis Chauzy se félicite du plan d’investissement de 100 Md€ pour le rail annoncé fin février par le Gouvernement. Tout en appelant à la vigilance sur les délais de réalisation pour la LGV Bordeaux-Toulouse comme pour la Ligne nouvelle Montpellier-Perpignan.

Le Gouvernement a annoncé le 24 février un plan de 100 Md€ pour les infrastructures ferroviaires, qui confirme notamment la réalisation à horizon 2032 de la LGV Bordeaux-Toulouse, et 2040 pour la Ligne nouvelle Montpellier-Perpignan (LNMP). Comment réagissez- vous ?
Je me satisfais déjà du respect par l’État de ses engagements. La demande des présidents de Région d’un grand plan d’investissement pour les infrastructures a été entendue. Le dialogue territorial que les préfets vont mener d’ici à juin (voir encadré) pour la mise en cohérence de ce plan avec le volet mobilités des contrats de plan État-Région (CPER) est un autre exemple d’un retour de l’État aux bonnes pratiques dans ses relations avec les collectivités locales.
Mais ce plan d’investissement s’annonce avant tout décisif pour la remise à niveau des infrastructures ferroviaires et la décarbonation des transports. Je me félicite que l’Occitanie constitue, de ce point de vue, un cas d’école. Nos collectivités se sont engagées  financièrement et ont innové en portant la création des sociétés de financement pour le Grand projet ferroviaire du Sud-Ouest (GPSO) et la Ligne nouvelle Montpellier-Perpignan (LNMP). Ces deux sociétés sont aujourd’hui pleinement opérationnelles, avec des taxes spéciales d’équipement (TSE) prélevées depuis le 1er janvier. L’objectif désormais est de ne pas perdre de temps en démarrant au plus vite les chantiers, dès la fin de l’année 2023 pour les Aménagements ferroviaires au nord de Toulouse (AFNT). Il est clair aussi que pour la LNMP, l’échéance de 2040 est lointaine : le dialogue territorial sera l’occasion de voir si on peut accélérer.

Quels seraient les leviers pour accélérer la réalisation de la LNMP ?
Le  financement européen pourrait être plus conséquent. Ce projet coche toutes les cases d’un soutien par l’Union européenne (UE), ne serait-ce que par sa dimension transfrontalière, qui doit permettre de mieux connecter nos métropoles et nos économies. L’Espagne a lancé un grand plan de report modal de ses marchandises sur le rail, connecté à ses ports, qui s’ajoute à une demande déjà très importante de transport multimodal au départ de Perpignan. Si on ne fait rien pour développer le fret, le risque est de générer un trafic supplémentaire sur des autoroutes déjà au bord de la saturation. N’oublions pas le dynamisme démographique de cette région côtière et la fragilité des infrastructures actuelles, qui rend illusoire une simple remise à niveau du tronçon. Des capacités ferroviaires supplémentaires, il en faut ; la seule façon d’en créer, ce sont des lignes nouvelles. Il nous faut remettre en avant cette dimension européenne pour faire avancer le projet à Bruxelles avec le soutien des ministres des Transports et des Affaires européennes. Rappelons que sur la ligne Lyon-Turin, l’UE apporte 50 % du  financement. La mobilisation de grands investisseurs institutionnels pourrait être un autre levier, à commencer par la BEI qui fait évoluer ses modèles pour mieux intégrer la fragilité des infrastructures au changement climatique.

Le plan gouvernemental inclut aussi la réalisation de nouveaux axes routiers, dont l’A69 entre Toulouse et Castres aujourd’hui contestée. Quelle est votre position ?
Quelles que soient les contestations, il faut que l’état de droit soit respecté : malgré les investissements dans le ferroviaire, il n’y aura pas de gare accessible pour tout le monde. Rappelons-nous le message des Gilets jaunes : c’est l’ensemble du territoire qui doit être desservi. On ne peut pas remettre en cause des projets structurants, acceptés après 25 ans de débat, parce que de petits groupes d’opposants se mobilisent. C’est vrai aussi des projets ferroviaires : nous ne comprenons pas qu’on nous objecte le respect de la biodiversité entre Bordeaux et Toulouse alors que le chantier entre Poitiers et Bordeaux n’avait fait l’objet d’aucune contestation, dans le même contexte de travaux.

Propos recueillis par Paul Falzon / redaction.toulouse@lalettrem.net
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