CBD : « L’épée de Damoclès n’est plus là », se réjouit le fondateur de Yogah
Alors que le Conseil d’État confirme le 29 décembre que les fleurs et feuilles de cannabis ayant un taux de THC (tétrahydrocannabinol) inférieur à 0,3 % peuvent être légalement commercialisées, Antoine Roux, fondateur de Yogah, marque toulousaine de produits réalisés à base de CBD, vante un jugement « très positif ». « Il y a un an, l’interdiction de vente avait été suspendue provisoirement ; désormais, c’est définitif, se réjouit-il auprès de La Lettre M. L’épée de Damoclès n’est plus là. » D'autant que le Conseil d’État a indiqué que le CBD ne « ne peut être considéré comme un produit stupéfiant ». Mais le dirigeant l’assure : « Le travail n’est pas fini, car la filière ne dispose pas encore d’un cadre très structuré. »
S'ajoute à cela « un grand flou juridique autour des huiles », déplore-t-il. Autant d’incertitudes qui incitent le chef d’entreprise - par ailleurs dirigeant de la société PrintOclock (impression en ligne, 80 salariés, CA 2022 : 15,9 M€) - à la prudence.
Les investissements reprennent
Initialement porteur d’un projet à 10 M€ visant à bâtir un petit empire du cannabis bien-être en Occitanie - culture agricole, formulation, production, commercialisation d'huiles, infusions et autres cosmétiques, mais aussi déploiement d'une place de marché virtuelle référençant des produits à base de CBD –, Antoine Roux demeure vigilant. « Nous n’avons pas tout à fait gelé notre investissement, explique-t-il. L’an dernier, nous avons ainsi engagé 500 k€ dans des sociétés dédiées au cannabis médical. Et avec cette nouvelle décision de justice, nous imaginons pouvoir reprendre les investissements dans les prochains mois, avec dans un premier temps une nouvelle enveloppe de 500 k€. Nous regardons comment se comporte la filière. Nous avons bon espoir, mais tout cela va prendre du temps… » La société fondée début 2021, qui compte actuellement cinq salariés, a enregistré 1,8 M€ de chiffre d’affaires en 2021-2022.










