Actia poursuit sa croissance malgré les incertitudes
Le groupe toulousain Actia, spécialisé dans la conception et la fabrication de systèmes embarqués électroniques, a enregistré 248,5 M€ de chiffre d'affaires au premier semestre, soit une croissance de 14,9 %. « Nous sommes au combat, indique Jean-Louis Pech, PDG. Nous devrions retrouver cette année notre niveau d'activité de 2019, à environ 520 M€ de CA. Le carnet de commandes est là, et si nous ne faisions pas face à des difficultés d'approvisionnement en composants, nous serions en mesure de faire 20 % de plus. » Actia, dont la perte nette semestrielle s'établit à 8,1 M€, vise le cap des 800 M€ de CA à l'horizon 2025. Le groupe cherche à recruter « 150 à 200 personnes, dont une cinquantaine à Toulouse », précise le dirigeant.
Une période « chaotique »
« Le premier semestre a été intense, confie Jean-Louis Pech. Nous avons procédé à la cession de deux activités en vue de concentrer nos investissements en R&D sur nos autres métiers. Cela nous a permis par ailleurs de démarrer des opérations de désendettement, ce qui est stratégique à l'heure où les taux d'intérêt flambent et où l'inflation s'installe. Désormais, nous avons les moyens de préparer l'avenir. » La période, que le dirigeant juge « chaotique », est en particulier marquée par une pénurie de semi-conducteurs. Ce phénomène, qui a débuté l'an dernier, pourrait se poursuivre dans les mois à venir. « C'est une contrainte qui perdure, déplore Jean-Louis Pech. Je pense que le pire est derrière nous, mais cette crise ne se résorbera que très lentement. Nous évoluons dans un monde spéculatif… »
Des difficultés de recrutement
Difficultés de sourcing, instabilité géopolitique, hausse du coût de l'énergie, inflation, baisse de l'euro… : le groupe toulousain, qui a enregistré au premier semestre un résultat opérationnel à 3,5 M€ (en hausse de 12,2 %), doit faire face à plusieurs urgences en simultané. Sans compter les difficultés de recrutement, qui constituent elles aussi un handicap majeur. « Sur ce plan, nous sommes en retard, soupire le dirigeant du groupe de 3 550 salariés, dont 1 060 basés en France. Nous faisons parfois face à des demandes déraisonnables, notamment de travail à distance à 100 %, ce qui n'est pas dans notre culture. » Dans l'Hexagone, Actia a globalement revalorisé cette année les salaires de ses collaborateurs de 3,2 %. « Nous allons engager de nouvelles discussions afin de tenir compte des difficultés liées au pouvoir d'achat, confie Jean-Louis Pech. Il faut que le travail paie en France. » L'objectif du groupe est désormais de retrouver sa performance industrielle en s'appuyant sur un outil productif actuellement sous-utilisé compte tenu du contexte. En parallèle, pour faire face aux problématiques de hausse du coût de l'énergie, Actia souhaite investir dans des infrastructures photovoltaïques en Tunisie mais aussi en France à travers l'installation d'ombrières sur les parkings de ses principales implantations.
Des marchés diversifiés
Au premier semestre, l'essentiel de l'activité du groupe a été réalisé en Europe (41,7 %) et en France (35,1 %). Ont suivi l'Amérique du Nord et du Sud (12,4 %), l'Asie (6,1 %) et l'Afrique et l'Océanie (4,7 %). Actia, qui a injecté durant la période près de 41 M€ dans sa R&D, travaille principalement pour les marchés des véhicules légers (18,8 %), des bus et cars (12,4 %), des poids lourds (20,7 %) et des autres véhicules (13,9 %). Sa politique de diversification l'amène à se positionner de façon croissante sur les marchés du ferroviaire (lire en encadré), mais aussi de l'aéronautique, du spatial et de l'énergie.










