Les dossiers prioritaires du nouveau président de la CCI 31
Élu président de la CCI de Toulouse Haute-Garonne en novembre dernier, Patrick Piedrafita a accordé une interview à La Lettre M. L’occasion de faire le point sur la situation des entreprises du département et de nous présenter quelques pistes des grands projets de la mandature fixés collectivement dans la feuille de route qui sera finalisée en juin.
La Lettre M : Comment les entreprises se portent-elles dans ce contexte de crise sanitaire et de guerre en Ukraine ?
Patrick Piedrafita : Les conséquences de la guerre en Ukraine ne sont à ce jour pas encore connues. Il est donc difficile de faire un diagnostic précis. Avant le début du conflit, nous pouvions miser sur un retour à peu près identique à la situation d’avant-crise d’ici la fin de l’année 2022. Pour faire simple : nous avions perdu 15 points de chiffre d’affaires en 2020, l’année 2021 a été synonyme de reprise d’activité avec une hausse de 7,3 %, et les perspectives 2022 laissaient entrevoir une nouvelle hausse de chiffre d’affaires de l’ordre de 6 %. Ce que l’on peut retenir également, c’est l’optimisme des chefs d’entreprises qui font part de carnets de commandes confortés et de leur intention d’embaucher (+3,5 %). Mais je le répète, ces prévisions ont été réalisées avant le début du conflit en Ukraine.
À la tête de la CCI, quels sont les grands projets que vous souhaitez porter ?
P. P. : Je souhaite avant tout co-construire en équipe. Avec l’assemblée, qui compte 65 élus issus de l’ensemble du département, choisis par les chefs d’entreprise du territoire, 32 membres associés et 23 conseillers techniques, nous devons définir collectivement la feuille de route. Elle devrait être présentée au mois de juin. En parallèle, il y a évidemment des enjeux à court terme sur lesquels nous devons accompagner les entreprises : l’approvisionnement, l’accès aux matières premières et les difficultés de recrutement notamment. À plus long terme, il me semble incontournable de travailler sur les sujets de la transition écologique, de la digitalisation, ou encore de l’accompagnement financier des entreprises.
Si les commissions obligatoires (finances, marchés et conflits d’intérêts, NDLR) et quatre commissions thématiques – commerce et tourisme, aménagement du territoire, services et industrie - ont été mises en place, je souhaite pour les autres thématiques travailler en mode « projet ».
La question des transports à Toulouse impacte fortement les entreprises. Quels sont les projets prioritaires ?
P. P. : Les projets sont complémentaires. Nous saluons le fait que le financement de la LGV ait finalement été validé, car il n’est pas possible que Toulouse reste la seule métropole à plus de 3h de Paris. Nous resterons cependant vigilants car le financement de la LGV va impacter les entreprises. Des négociations vont devoir être menées dans cette période où les entreprises sont déjà largement sous pression financière.
La construction de la troisième ligne de métro est également essentielle. Nous saluons son arrivée, mais il nous faudra accompagner les entreprises, et notamment les commerces, durant les travaux. Enfin, sur le sujet de la ZFE (zone à faible émission, NDLR), Toulouse n’est pas la première métropole à être concernée. Nous échangeons avec d’autres CCI métropolitaines pour avoir leurs retours d’expérience et nous en servir pour accompagner au mieux les acteurs économiques de la métropole toulousaine.
L’ancien président de la CCI de Toulouse, Alain Di Crescenzo, est désormais à la tête de CCI France. Est-ce un atout pour les entreprises du département, en particulier en cette année d’élection présidentielle ?
P. P. : Je me réjouis de la nomination d’Alain Di Crescenzo avec qui j’ai eu plaisir à travailler à la CCI de Toulouse et à la CCI Occitanie. Nous sommes assurés d’avoir une véritable écoute de CCI France, mais nous n’attendons pas de traitement de faveur. CCI France est déjà en action pour porter les intérêts des CCI et des entreprises auprès des candidats à l'élection présidentielle. La question des financements sera essentielle. Les CCI ont perdu 50 % de leurs financements en cinq ans, or elles ont fait preuve pendant la crise sanitaire de l’importance de leur action. Il est temps que nos budgets soient préservés.










