Des pistes industrielles amorcées pour l’avenir de la Sam
Ils sont partis très tôt mercredi 12 janvier. À 4h30, quelque 200 salariés de la Sam, Société Aveyronnaise de Métallurgie située à Viviez (Aveyron), dont la liquidation a été prononcée fin novembre, ont grimpé dans trois bus. Direction Paris pour manifester devant le ministère de l'Économie et obtenir plusieurs garanties de la part de Bercy, dont une indemnité supra-légale pour tous les salariés licenciés.
Renault, quasi-client unique de la Sam, a proposé des offres de reclassement dans ses usines et contribue au plan de sauvegarde de l’emploi à hauteur de 1 M€. En revanche, le constructeur ne se prononce pas sur ces primes. « Des discussions s'amorcent avec Renault, rapporte Ghislaine Gistau, déléguée syndicale CGT. On voit que l’État met la pression. Mais on attend des engagements écrits. Pour l'instant, on évite de sauter au plafond. »
Pas de repreneur mais des pistes « sérieuses » selon la Région
Autre sujet abordé avec Bruno Le Maire, ministre de l’Économie : la réindustrialisation de la Sam. Si l’État indique qu'« à ce jour, il n’y a pas de repreneur industriel identifié pour le site », Carole Delga déclare qu’un « projet lié à une activité de fonderie avance de façon sérieuse ». La présidente (PS) de la Région Occitanie, qui ne souhaite pas donner le nom de l’entreprise concernée, indique que sa collectivité « apportera des moyens exceptionnels » à cette ETI régionale. Elle sollicite l’aide financière de l’État et exhorte le groupe Renault à « donner un volume d’affaires sur une période limitée de trois ans », le temps que la diversification de l’activité de cette fonderie démarre.
Carole Delga évoque même une autre piste sérieuse, celle de la Société nouvelle d'affinage des métaux (Snam), voisine de la Sam, soutenue par l'Agence régionale des investissements stratégiques (Aris). La Snam, qui recycle piles et accumulateurs, a effectué un premier tour de table de 10 M€ auprès de fonds familiaux industriels allemands. Un moyen d’accompagner le développement de son projet Phenix Batteries, dédié à la production de batteries neuves issues à 80 % de composants recyclés. « On parle d'un potentiel d'embauche de 500 emplois sous deux à quatre ans », avance Eric Nottez, son président. « Cela fait des années qu’on parle de ce projet », réagit Ghislaine Gistau. Des annonces qui « ne nous font pas lever l’occupation de l’usine », entamée depuis 52 jours.










