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Région Occitanie
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Aéronautique et spatial
| 18/10/2021

À Toulouse, la filière smallsats se structure

À l’occasion du Smallsat Day, organisé le 11 octobre à la Cité de l’espace, la société toulousaine Hemeria a officiellement lancé sa plateforme nanosatellite HP-EO, compatible multi-charges utiles et multi-missions. Ce projet stratégique de 11 M€, qui bénéficie d'un financement de l'État de 5,5 M€, doit lui permettre de proposer un modèle à la fois « haut de gamme, générique et modulable ». Objectif : produire « entre 20 et 30 nanosatellites par an d’ici à 2025 », indique à La Lettre M Nicolas Multan, DG de la société de 250 salariés, qui a enregistré 45 M€ en 2020-2021. Un lancement salué par les acteurs de la filière spatiale toulousaine, qui compte au total plus de 15 000 salariés. « Nous souhaitons que cet écosystème se parle et essaye de définir des stratégies, des alliances, sur la base d’une vision commune, pour ne pas se disperser », martèle Nicolas Multan. L’Occitanie, fer de lance de la filière smallsats (satellites de 10 à 70 kg) française ? Pour le dirigeant d’Hemeria, tous les ingrédients sont réunis dans le territoire : « Il y a ici tous les métiers, toutes les compétences, des fabricants de satellites aux sociétés de services, en passant par les équipementiers. C’est une vraie force. » Un avis partagé par Maxime Puteaux, principal advisor chez Euroconsult : « Les acteurs toulousains sont bien placés car, justement, ils fonctionnent en écosystème, dans une logique de proximité. » Le marché mondial, qui représenterait près de 14 000 smallsats lancés d'ici à 2030, est actuellement en pleine ébullition. « Il vit son adolescence, sourit Maxime Puteaux. Mais il se confronte au mur des réalités : on n’a jamais lancé autant de petits satellites qu’en 2020 ; il faut maintenant générer des revenus. »

 

Un marché pas encore « lisible »
De son côté, Sébastien Duménil, directeur commercial de la société spatiale toulousaine Exotrail, constate « un degré de maturité du marché très varié en fonction des pays », dans un paysage trusté par les initiatives nord-américaines. Et de préciser que « ce sont encore les donneurs d’ordres institutionnels qui portent le marché aujourd’hui ». Un marché qui « n’est pas totalement lisible » et où « il faut aller très vite, car la compétition est accrue », commente Grégory Pradels, directeur du développement d’Hemeria. Ce qui implique selon lui de « rester très agile ». D’autant que d’autres écueils sont à redouter, comme « la menace d’une mondialisation de la production des petits satellites », indique Maxime Puteaux. « La question est de garder le smallsat comme un outil non délocalisable, estime l’expert, qui assure que « si le volume permettra l’activité, c’est bien le haut de gamme qui permettra les marges ». Et Nicolas Multan d'insister : « Il ne suffit pas qu’à Toulouse nous soyons capables de fabriquer des satellites. Encore faut-il que nous fassions aussi émerger des usages ! » Une analyse partagée par Alexandre Tisserant, président de la start-up toulousaine Kinéis, dont les 25 nanosatellites IoT doivent être placés en orbite à partir de 2023. « Le marché des smallsats est avant tout dépendant des applications qui vont le commander, estime-t-il. Le cas d'usage, c'est l'essentiel. »

Alexandre Léoty / leoty@lalettrem.net
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