Ville de Montpellier : la CRC pointe une « sous-exécution des dépenses d'investissement » entre 2017 et 2020
Une situation financière saine, mais un plan d’investissement non maîtrisé. Tel est le principal enseignement du rapport d’observations définitives de la chambre régionale des comptes (CRC) Occitanie relatif aux comptes et à la gestion de la commune de Montpellier sur les exercices 2017 et suivants, publié ce 21 septembre 2021. La juridiction observe une sous-consommation récurrente des crédits d’investissement. Près de 50 M€ n’ont pas été consommés en 2019, - « soit plus du quart des investissements programmés », signale la Chambre régionale des comptes. En 2018, ce chiffre monte même à 67 M€, soit près de 85 % du produit de la taxe d’habitation de l’exercice appelée auprès des ménages, finalement non investie par la collectivité. La CRC prend pour exemple la rénovation du parc zoologique du Lunaret dont les investissements réalisés s’élèvent à 9,7 M€ en septembre 2020, pour un montant total budgeté de 30 M€. Dès lors, la principale recommandation de la Chambre suite à ce rapport : « un meilleur suivi de ces investissements pour avoir une meilleure exécution et par conséquent un meilleur service rendu au public. »
Présenté et débattu lors du conseil municipal de ce jour, le document est favorablement accueilli par Michaël Delafosse, actuel maire de Montpellier et président de Montpellier Méditerranée Métropole : « Ce rapport donne un bon état des lieux pour ce début de mandat. Il montre que la municipalité dispose d’une bonne marge de manœuvre pour investir. Nous avons pour responsabilité d'exécuter ces dépenses. » Max Lévita, adjoint aux finances lors de la précédente mandature (maire : Philippe Saurel) et désormais dans l'opposition, l’interpelle : « J’espère que votre bilan financier sera aussi élogieux, lorsque la CRC vous auditera dans cinq ans.» Interviewé par La Lettre M en juillet, Michaël Delafosse confirmait sa volonté d’investir 1,5 Md€ sur la durée de son mandat (dont 440 M€ pour la ligne 5 du tram ou encore 70 M€ pour la LGV Montpellier-Béziers) et ce, avec un taux de réalisation de 90 % à mi-parcours. La mise en place d'un plan pluriannuel d’investissements devrait à ce titre être prochainement présenté.
Enjeu de ressources humaines
Par ailleurs, la chambre note que la mutualisation de services entre la Ville et Montpellier Méditerranée Métropole, le 1er janvier 2015, n’a pas produit l’effet escompté sur les charges de personnel. Celles-ci représentent 65 % des charges de la commune, contre 67 % avant la fusion. La juridiction pointe aussi une exécution budgétaire se traduisant chaque année par un solde excédentaire important pour la municipalité, du fait d’une dynamique démographique importante et de taux historiquement élevés. Entre 2017 et 2019, le résultat de fonctionnement de la commune oscille entre 45 et 53 M€. Quant à l’endettement de la Ville de Montpellier, celui-ci est « modéré » relève la chambre régionale des comptes, dans le cadre « d'une fiscalité de longue date élevée, portée par un dynamisme démographique ». La capacité de désendettement à 4 ans est évaluée à 695 € par habitant, contre 1050 €, sur l’ensemble de la strate au niveau national. La collectivité respecte aussi ses objectifs de maîtrise de ses dépenses de fonctionnement sur la période d’étude.










