Marchés publics de la 3e ligne de métro, mode d’emploi
À quelques semaines du lancement des premiers appels d’offres relatifs à la réalisation de la future troisième ligne du métro toulousain, Tisséo Ingénierie, maître d’ouvrage de l’opération, accueillait – le 6 juillet dernier - près de 200 représentants de grands groupes français et d’entreprises étrangères spécialisés dans le génie civil et les travaux publics. Objectifs de cette réunion, leur présenter cette future infrastructure ainsi que l’allotissement retenu pour le volet génie civil de l’opération.
« Cette présentation doit leur permettre de se préparer aux consultations et de mettre en exergue leur savoir-faire » résume Jean-Michel Lattes, président de Tisséo Ingénierie en charge des études et des travaux relatifs aux projets d’infrastructures de transport de la métropole toulousaine. Les achats de travaux liés à cette opération, qui comprend également la réalisation de la connexion à la ligne B du métro, représentent un peu plus de 2 Md€, dont environ 1 Md€ pour le volet génie civil. « De fait, ces marchés sont les plus importants jamais lancés par Tisséo », poursuit le représentant de l’opérateur en évoquant la création de 23 500 emplois directs. Originalité de cette opération dont les travaux doivent débuter fin 2022, l’allotissement. Pour la partie souterraine, le chantier sera ainsi découpé en seulement quatre lots principaux comprenant la réalisation de tunnels, le génie civil des 17 stations souterraines et des ouvrages annexes. Concernant la partie aérienne, les travaux seront regroupés en un seul lot incluant la réalisation d'un viaduc et d’ouvrages d’art, et en deux ou trois lots pour la construction des quatre stations aériennes.
Une consultation « rarissime »
« Il est rarissime de découper une opération sous cette forme (allotissement, NDLR), souligne Jonathan Sutra, secrétaire général de la fédération du bâtiment et des travaux publics de la Haute-Garonne (FBTP 31). Concrètement, cela signifie que le volet génie civil de l’opération sera conduit par un groupement associant plusieurs entreprises de toutes tailles et de toutes origines géographiques. » De quoi offrir de réelles perspectives à des entreprises locales. Illustration avec la société Bessac (350 salariés, dont 90 au siège social de Saint-Jory – 31). Plus habituée aux chantiers à l’international, où elle réalise les deux tiers de ses 90 M€ de chiffre d’affaires, cette filiale du groupe Soletanche Bachy entend bien se positionner sur ce marché d’envergure. « Ce serait une fierté pour nos salariés de travailler sur un chantier d’une telle ampleur, qui plus est dans leur région. Une telle opportunité ne se présente pas tous les jours ! », indique à La Lettre M Bernard Theron, président. Son atout majeur : une double casquette d’industriel – Bessac est le seul fabricant français de tunneliers et de micro-tunneliers - et d’entreprise de travaux publics (qui réalise des ouvrages souterrains). « Nous n’avons pas la prétention de pouvoir fournir les six tunneliers dont a besoin Tisséo (cinq pour la 3e ligne et un de diamètre moindre pour la Connexion Ligne B, NDLR), ajoute-t-il. Mais nous espérons pouvoir intervenir, comme nous l’avions fait il y a plus de vingt ans, lors de la construction du métro toulousain. » Tisséo Ingénierie prévoit d'organiser une nouvelle rencontre avec les professionnels en septembre prochain. Après le volet génie civil de l'opération, le maître d'ouvrage présentera les futures consultations relatives au gros œuvre et au second œuvre.










