France Relance : les forestiers privés sont déçus
« C’est l’État qui donne à l’État », déplore Éric Lacombe, directeur général de la coopérative Sylva bois, qui gère environ 10 000 ha de forêt dans l’Aveyron, le Tarn, l’Hérault et la Lozère. Les acteurs des forêts privés qui ont répondu à l’appel à manifestation d’intérêt lancé dans le cadre du plan France Relance pensaient se partager l’enveloppe nationale de 95 M€, or « 40 % du budget ont été attribués aux forêts publiques », selon Éric Lacombe. Ces dernières ne représentent pourtant qu’un quart des forêts françaises. Trente-cinq organisations sont lauréates du plan France Relance dont quatre en Occitanie : la coopérative Sylva Bois, la direction territoriale de l'ONF – Occitanie, le consortium « Forêt-Evolution » et la SAS Sud Abies. « Apparemment, tous les dossiers déposés ont été retenus », affirme un organisme de la région. De fait, les subventions attribuées individuellement sont bien en-deça des sommes attendues.
Des renouvellements forestiers moins ambitieux que prévus
Sud Abiès, qui gère par le biais de sa filiale IFE 4 500 ha de forêt privée majoritairement dans le Tarn et l’Hérault, espérait pouvoir renouveler 200 ha de forêt. Mais les ambitions vont devoir être revues à la baisse. Même discours chez Sylva Bois, qui a déposé un dossier pour le groupement Sylva d’Oc (qui fédère Sylva Bois, Cosylva et la Forêt lozérienne et gardoise). « Nous avions demandé une aide de 2,2 M€ pour renouveler 512 ha de forêt, mais la somme attribuée est finalement divisée par trois », témoigne Éric Lacombe.
Les budgets débloqués par l’État serviront pour trois types de renouvellement forestier : couper et replanter les arbres touchés par un ravageur de l’épicea (le scolyte), reboiser les forêts dont les essences ne sont plus adaptées au changement climatique et remplacer le dépeuplement des forêts devenues peu productives afin d’améliorer la captation du carbone.










