Comment financer les chantiers du CHU de Montpellier ?
Le CHU de Montpellier - septième de France en termes d'activité mais troisième au classement de « la vétusté », pointe son DG Thomas Le Ludec - doit trouver près d'1 Md€ sur vingt ans pour se moderniser et améliorer les conditions d'accueil et de travail : 415 M€ d'ici à 2030 et au moins 500 M€ de 2030 à 2040. « Cela peut paraître énorme, mais à l’année, cela fait 50 M€ d’investissement. Ce rythme correspond à un CHU innovant de cette taille », estime Nathalie L'Hostis, consultante en pilotage hospitalier et ex-contrôleuse de gestion du CHU de Montpellier.
Le troisième employeur d'Occitanie (12 000 agents) a investi près de 60 M€ par an entre 2012 et 2014 puis 40 M€ entre 2015 et 2019. « Cette annonce d'investissement laisse à penser qu’il y a un rattrapage, analyse-t-elle. La période 2015-2018 a été un moment de moindres investissements pour la majorité des établissements hospitaliers français. Ce plan est aligné avec les besoins de la population, vieillissante ». D'où la construction, par exemple, d'un bâtiment dédié aux soins longue durée et palliatifs à La Colombière (coût : 50 M€, livraison : 2024). L'établissement insiste aussi, dans un livre blanc présentant le programme, sur la mutualisation : regroupement de 18 des 22 laboratoires du CHU dans un bâtiment de biologie médicale (103 M€, 2024), centralisation de trois services à Lapeyronie (500 M€, 2040)...
Emprunt quasi systématique
« Chaque projet étant à un niveau d’avancement différent, certains sont formellement validés, d’autres, à plus long terme, ne sont pas encore intégrés dans le plan global de financement pluriannuel (PGFP) du CHU qui ne couvre que la période 2020-2025 », commente le service communication de l'établissement, soulignant « l'étroite collaboration » avec l'Agence régionale de santé, dont l'aval est nécessaire pour financer les chantiers. Première piste : l’autofinancement. Au regard de ses derniers résultats nets comptables consolidés (+1 M€ en 2017, +3,2 M€ en 2018 et -1,6 M€ en 2019), le CHU de Montpellier semble toutefois limité. Point positif : l’encours de la dette est stable, autour de 230 M€, depuis 2013. Le recours à l’emprunt, systématique ces dix dernières années sauf en 2018, est une autre voie possible pour « servir l’outil de production », souligne Nathalie L'Hostis.
Troisième option, cumulable : frapper à la porte des collectivités - Ville, Métropole et Région pilotent son conseil de surveillance - ainsi que de l’État et de l’Union européenne afin d’obtenir des subventions, de plusieurs millions d’euros sur cinq ans par exemple. Sans oublier le mécénat, « un nouveau mode de financement, sur fond d’américanisation », observe-t-elle. Comme au CHU de Nîmes, un fonds de dotation s’adresse aux entreprises et particuliers, appâtés par des avantages fiscaux. Celui du CHU de Montpellier, baptisé Guilhem, a récolté 1,8 M€ depuis sa création en 2017.










