Beaucaire, une commune isolée qui coopère peu avec la CCBTA, selon la chambre régionale des comptes
Basé sur les exercices 2013 et suivants - jusqu'à 2018 - de la commune de Beaucaire (maire : Julien Sanchez, RN), un rapport de la Chambre régionale de la cour des comptes (CRC Occitanie) fait état de plusieurs dysfonctionnements. La commune se serait isolée au fil des années, coopérant assez peu la communauté de communes, et son attractivité se serait érodée.
Repli sur soi
Est pointée notamment la difficulté de la commune à transférer certaines de ses compétences vers la communauté de communes Beaucaire Terre d’Argence (CCBTA). « La commune s’est opposée aux mutualisations de services et n’a pas signé de pacte financier et fiscal. Le contrat de ville 2015-2020 porté par la communauté de commune pâtit du manque d’engagement de la ville », indique le rapport de la CRC Occitanie. En dépit de sa situation géographique intéressante, au carrefour du Gard, du Vaucluse et des Bouches-du-Rhône, « Beaucaire n’a cependant pas tiré parti de cette situation géographique singulière. Les infrastructures majeures contournent son territoire. Sa halte SNCF est sous-dimensionnée au profit de Tarascon. »
Érosion de l’attractivité
Conséquence de ce repli, la commune a vu son attractivité s’éroder depuis 2013, estime la CRC Occitanie. « Le solde net de créations d’entreprises est négatif, l’emploi se tertiarise progressivement en se situant désormais majoritairement hors les murs de la cité et la fréquentation touristique s’érode. » À noter toutefois que, depuis ce rapport, plusieurs entreprises ont annoncé leur projet d’implantation à Beaucaire, à l’instar de la plateforme logistique de Lidl ou encore de Batimex.
Irrégularités RH et organisationnelles
Autre constat de la CRC Occitanie : la difficulté de la commune à rénover son habitat, liée au classement de la ville en zone patrimoniale remarquable. Par ailleurs, cette mission de rénovation a été confiée au directeur de cabinet (Yoann Gillet depuis 2014) alors qu’elle dépend normalement du directeur général des services. La chambre note aussi des irrégularités dans le recrutement de personnes « pour occuper des emplois dont le rattachement reste à clarifier ». Également sur le plan des ressources humaines, le rapport fait état de l’absence de règlement intérieur auquel se référer et de l’insuffisance des outils de suivi de la masse salariale.
Capacité de désendettement satisfaisante
Sur le plan budgétaire, la CRC estime que la fiabilité des comptes doit être améliorée, « notamment au regard du faible taux d’exécution des dépenses d’équipement (42 % en moyenne), et du défaut d’intégration des immobilisations en cours. » En revanche, la chambre relève que l’excédent brut de fonctionnement a progressé (+ 5,2 % en moyenne annuelle), de même que la capacité d’autofinancement brute (+14,6 %), ce qui mécaniquement a amélioré la capacité de désendettement de la commune, qui ressort à cinq ans en 2018. La CRC recommande que la ville de Beaucaire se dote d’outils de pilotage afin de hiérarchiser ses choix d’investissement.










