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| 10/12/2020

Sylvie Vergez, DG de l'IoT Valley : « Nous montons d'un cran »

Prenant la succession de Bertrand Ruiz (ex-DG) et Simon Vacher (ex-directeur des opérations), Sylvie Vergez est la nouvelle directrice générale de l'IoT Valley, écosystème dédié à l'internet des objets qui fédère une quarantaine de start-up et de partenaires à Labège. Pour La Lettre M, elle livre sa stratégie et sa vision du secteur.

Vous venez de prendre la direction de l'IoT Valley. Quelle est votre feuille de route ?
En réalité, la stratégie que nous allons déployer s'inscrit dans la continuité de l'action déjà réalisée par l'IoT Valley. En dix ans, nous avons beaucoup appris. Nous avons mis en place des expertises permettant de bâtir des solutions. Nous le savons, l'internet des objets n'est qu'un moyen permettant d'extraire et de collecter de la data. Tout l'enjeu, aujourd'hui, consiste à définir les modèles économiques qui peuvent être construits autour de cette donnée. La phase d'apprentissage est terminée. Désormais, nous entamons une phase d'évangélisation des industriels. Ces derniers ont bien saisi tout l'enjeu de la digitalisation, mais ils ne sont pas encore forcément engagés dans une logique de valorisation de la donnée en tant que relais de croissance.

Ce travail réalisé auprès des industriels se conjugue toujours avec l'accompagnement des start-up ?
Bien entendu. C'est notre positionnement historique. D'une part, nous accompagnons le développement de start-up dans le domaine qui est le nôtre, et d'autre part, nous accompagnons l'innovation aux côtés des industriels. Mais aujourd'hui, nous montons clairement d'un cran, en nous positionnant avec eux sur la création de nouveaux business models. Des activités qui pourront être déployées en interne par les industriels ou qui pourront faire l'objet de création de nouvelles start-up.

Où en est le projet de campus de l'IoT Valley, qui doit être livré mi-2023 (bâtiment de 20 000 m2 de surface de plancher, maître d'ouvrage : Arac, Eiffage Immobilier Occitanie ; architecte : Jean-Paul Viguier & Associés, NDLR) ?
Le projet suit son cours comme convenu et le planning reste le même. Les travaux devraient débuter au cours du premier semestre 2021.

Les start-up de l'IoT Valley ont-elles beaucoup souffert de la crise sanitaire ?
L'impact a été beaucoup moins important que dans certains secteurs comme l'aéronautique, par exemple. Bien sûr, certains projets portés par des partenaires industriels ont été stoppés, mais il s'agit principalement de reports, pas d'annulations. Aucune de nos start-up n'est réellement en difficulté. Quand aux grandes entreprises des secteurs fortement impactées par la crise, elles sont de plus en plus nombreuses à venir nous voir, justement, pour travailler à l'identification de nouveaux relais de croissance. De même, nous mettons actuellement au point un programme destiné à accompagner la reconversion de certains profils, au travers de l'entrepreneuriat ou de l'acculturation à la data.

La société Sigfox, dirigée par Ludovic Le Moan – qui préside l'IoT Valley – a annoncé un PSE et le repositionnement de certaines de ses activités. Le navire amiral de l'IoT Valley serait-il en train de tanguer ?
Il est important de bien faire la distinction entre l'activité de Sigfox (dont Sylvie Vergez était précédemment la Senior Business Architect, de 2014 à 2020, NDLR) et celle de l'IoT Valley. Certes, un PSE est en cours et une nouvelle stratégie est mise en œuvre, avec un repositionnement sur la donnée. Mais cette réorientation rentre là encore dans une certaine logique. Après des années d'apprentissage et de création d'infrastructures permettant de collecter de la data, l'entreprise suit une évolution naturelle. Ludovic Le Moan et moi-même faisons bien le distinguo entre Sigfox et l'IoT Valley. Ici, Ludovic joue le rôle de mentor. Il apporte son expérience, son expertise en matière de création et de développement d'entreprise. Et n'oublions pas qu'à l'IoT Valley, nous sommes totalement agnostiques en matière de technologies. Nous travaillons avec tous les standards, sur la base d'un principe simple : une technologie n'est pas bonne ou mauvaise, elle répond à un usage.

Propos recueillis par Alexandre Léoty / leoty@lalettrem.net
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