Panorama régional des suppressions et créations de postes depuis le début de la crise
Avec 543 créations nettes d’emplois annoncées depuis le 15 mars 2020, Montpellier domine le classement des villes dynamiques de la région, suivie par Béziers (143) et Perpignan (140), selon l'observatoire parisien Trendeo. « Il y a très peu d’industries autour de Montpellier. Or, l'industrie est le secteur qui a été immédiatement touché par la crise. Par ailleurs, la ville repose beaucoup sur le tertiaire, plutôt dynamique. Elle compte beaucoup de start-up par rapport au nombre d'habitants, en lien avec sa population étudiante. L’activité des levées de fonds a été peu touchée par la Covid », analyse David Cousquer, le gérant fondateur de Trendeo. Et d'avertir : « Nous assistons depuis plusieurs semaines à une deuxième vague avec des entreprises de tous secteurs qui ne sont pas directement touchées par la crise mais qui commencent à intégrer l’idée que cela va être long. Elles annoncent donc des suppressions d'emplois pour s’adapter à la mauvaise conjoncture. » Dernier exemple : IBM, qui prévoit de supprimer 120 postes à Montpellier.
Sous-représentation du tourisme
Trendeo repère, dans les médias, les créations et suppressions d’emplois, les levées de fonds ou les agrandissements de locaux afin de créer des statistiques à destination de clients variés : cabinets de conseils, direction marketing de grands groupes, collectivités... Avec un bémol, la sous-représentation du tourisme, de l'événementiel et du spectacle, particulièrement touchés par la crise. « Ces secteurs communiquent peu sur les suppressions de postes. Il n'y a pas de plans sociaux dans les hôtels, qui ne renouvellent pas les CDD », illustre David Cousquer. Raison pour laquelle Tarbes-Lourdes (132 créations nettes) semble résister face à la crise, alors que celle-ci a fortement fragilisé les hôtels et restaurants de Lourdes, désertés par les fidèles étrangers.
« Éviter la monoactivité »
Sans surprise, Trendeo montre que la crise frappe de plein fouet la métropole toulousaine, où 5 575 suppressions nettes d'emplois ont été annoncées, « principalement dans l'aéronautique mais aussi dans le travail des métaux et l’ingénierie en lien direct avec l'aéronautique », souligne David Cousquer. « Des prestataires ont amorti le choc. Cela dépend de leur capacité à anticiper pour éviter la monoactivité, en travaillant dans l’automobile ou d’autres secteurs que l'aéronautique », poursuit-il. C'est vrai au regard des répercussions chez les sous-traitants d'Airbus autour de Figeac (467 suppressions nettes), moins vers Foix-Pamiers (211). « Là-bas, observe-t-il, les entreprises qui licencient font des produits métalliques pour l’aéronautique mais aussi pour Areva ou Shell », en référence à une filiale d’Eramet qui compte réduire ses effectifs.
L'industrie, première victime de la crise
Les prix des produits finis et des matières premières restent stables, les trésoreries sont globalement à l’équilibre mais les effectifs industriels diminuent, constatait la Banque de France le mois dernier. L'institution tablait sur une baisse de la production, hormis dans l’agroalimentaire, assurant qu'aucun secteur industriel n’avait retrouvé son niveau d’activité d’avant crise.










