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Transports - Logistique
| 20/11/2020

Pourquoi Railcoop veut devenir une entreprise ferroviaire

Créée le 30 novembre 2019 à l’initiative d’un collectif citoyen, Railcoop, première coopérative ferroviaire française, s’apprête à déposer - d'ici à la fin 2020 - sa demande de licence et de sécurité ferroviaire auprès de l’autorité de régulation des transports. « La validation de ce dossier prévue au printemps prochain nous permettra d’obtenir le statut d’entreprise ferroviaire et d’exploiter nos premières lignes de fret et de voyageurs. Pour l’heure, nous sommes en train de réunir les 1,5 M€ de capital social nécessaires à l’obtention de la licence auprès de nos 2 500 sociétaires. Des particuliers, des entreprises et des collectivités répartis dans toute la France », explique à La Lettre M Nicolas Debaisieux, directeur général de la coopérative lotoise basée à Cambes, près de Figeac.

Relancer des lignes non exploitées
« La vocation de Railcoop consiste à relancer l’activité de lignes ferroviaires non exploitées ou abandonnées. Nous estimons en effet que le ferroviaire est indispensable au développement des territoires dans le cadre de la transition écologique. L’ouverture à la concurrence de ce marché (qui sera complète en décembre prochain, NDLR) est une opportunité unique pour proposer une offre complémentaire au service public », poursuit le dirigeant. Concrètement, Railcoop ambitionne de faire rouler des trains de passagers dès 2022 et de marchandises à l’été 2021 et ce sans subventions publiques. « La première ligne de fret reliera la gare de Figeac à celle de Toulouse Saint-Jory avec un aller-retour quotidien. Nous travaillons actuellement à la mise en place de services mutualisées avec les entreprises et les chargeurs susceptibles d’utiliser ce service, notamment ceux de la Mécanic Vallée. Et nous avons reçu des manifestations d’intérêt pour un trafic d’environ 100 000 tonnes par an. »

Lancement de la ligne Bordeaux-Lyon en 2022
« Concernant le trafic passager, nous misons sur trois lignes classiques (vitesse inférieure à 160 km/h) pour débuter : Toulouse-Rennes via Limoges, Bordeaux-Lyon via Montluçon et Metz-Lyon via Nancy. Le matériel roulant, locomotives et wagons, sera loué auprès d’opérateurs spécialisés. Nous faisons le pari que l’offre créera la demande », poursuit Nicolas Debaisieux. Le dirigeant estime à 5 M€ les besoins en fond de roulement liés au lancement commercial de la première ligne (Bordeaux-Lyon). « Le financement sera assuré via plusieurs instruments dont le recours à des emprunts bancaires et la participation de nos sociétaires. Plus largement, le ferroviaire facture ses prestations en fonction de ses coûts. Railcoop va donc mettre en place un nouveau modèle de facturation. Nous allons en effet prendre à notre charge une part de risque. Et si nous parvenons à atteindre un taux de remplissage de l’ordre de 85 %, nous serons à même d’offrir les mêmes tarifs que la route », conclut-il.

David Danielzik/danielzik@lalettrem.net
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