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Haute-Garonne
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Aéronautique et spatial
| 3/11/2020

Plus de 1 000 emplois menacés à Toulouse chez Akka

Nouveau coup de tonnerre dans le secteur aéronautique régional. Le groupe d'ingénierie Akka prévoirait un PSE de « 1 150 postes, principalement dans la région toulousaine », indique à La Lettre M Stéphane Lepine, délégué syndical central CFDT. Franck Laborderie, secrétaire général CGT Akka, confirme : « Ces suppressions de postes interviendront si rien ne bouge du côté des donneurs d'ordres et des pouvoirs publics. Nous allons tout faire pour éviter cela, en misant sur différents leviers, comme la formation et l'APLD. » Sur ce dernier point, une première réunion de négociation a eu lieu le 5 novembre. Un deuxième rendez-vous est prévu le 12 novembre. Interrogée par La Lettre M, la direction confirme que « le chiffre de 1 150 suppressions de postes a été évoqué dans des discussions bilatérales », mais assure que « tout est mis en œuvre pour tenter de réduire ce chiffre ».

Si le groupe n'a pas été épargné par la crise, l'impact n'a pas été le même dans toutes ses activités. Au troisième trimestre, il a enregistré un CA de 351 M€, en baisse globale de 20,4 %. Mais c'est bel et bien l'aéronautique civil qui plombe ses résultats : sans ce secteur en crise, le groupe – également positionné dans l'automobile, le ferroviaire, les sciences de la vie et les télécommunications - aurait affiché une croissance trimestrielle de 9,3 %. Mais l'aéronautique a accusé une baisse de 38 % par rapport à la même période de 2019. Un secteur « sous forte pression et pour lequel toute amélioration est difficile à anticiper », estime Akka, qui confirme avoir « informé les organisations syndicales qu’il envisage de débuter une procédure d’information consultation des instances représentatives du personnel pouvant déboucher sur la mise en œuvre d’un plan de restructuration adapté à la charge actuelle de la société dans un secteur aéronautique où la reprise ne se matérialise pas. »

2 500 personnes à Blagnac
Blagnac, en Haute-Garonne, pourrait ainsi être la première victime de la restructuration du groupe. « L'aéronautique représente entre 85 et 90 % de l'activité du site, qui compte au total près de 2 500 personnes », explique Stéphane Lepine. Les négociations débutent désormais avec, sur la table, un projet d'APLD et le spectre d'un potentiel PSE. Contacté par La Lettre M, un salarié de l'entreprise fait état de « la profonde inquiétude des équipes », et notamment de celles et ceux qui « sont sans activité depuis plusieurs mois, parfois depuis le premier confinement ». Certains d'entre eux ont fait le choix de suivre le vaste plan de formation déployé par le groupe (1 000 salariés au total). Parallèlement à sa restructuration, le CA d'Akka a approuvé une augmentation de capital réservée de 200 M€, qui sera souscrite d'ici à la fin de l'année à hauteur de 150 M€ par la Compagnie Nationale à Portefeuille SA et à hauteur de 50 M€ par le groupe familial Ricci.

Alexandre Léoty / leoty@lalettrem.net
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