Hind Emad (3M) : « Le foncier et le tourisme, premiers dossiers de la future agence de développement économique »
En exclusivité pour La Lettre M, Hind Emad, cheffe d'entreprise (Faciligo, application pour faciliter les déplacements des personnes dépendantes) et vice-présidente de Montpellier Méditerranée Métropole chargée du développement économique, fait le point sur les dossiers en cours et à venir : agence de développement économique, Med Valley, incubateurs ...
Comment se passent vos premiers mois en tant que vice-présidente chargée du développement économique ?
Nous avons un début de feuille de route, en lien avec ce que nous avons proposé pendant la campagne. Nous sommes par ailleurs pleinement mobilisés sur les actions à mettre en œuvre pour soutenir les acteurs du territoire, afin de faire face aux effets des mesures d’urgence mises en place. C’est un premier niveau de réponse apporté pour soutenir la trésorerie, aider à mettre en place les gestes barrières… Nous avons, au-delà de ces aides, la volonté de tirer des leçons sur tout ce qui se passe. L’enjeu est d’identifier les opportunités générées par la situation actuelle afin d’apporter des solutions nouvelles aux acteurs économiques du territoire.
Où en êtes-vous de la mise en place de la future agence de développement économique ?
Son préfigurateur va être officiellement présenté le 12 octobre, lors du prochain conseil de Métropole. Il s’agit d’Alex Larue (une information publiée par La Lettre M dès le 7 septembre, NDLR). La composition de l’équipe opérationnelle de l’agence est en cours. Alex Larue a été choisi pour sa fine connaissance du tissu économique et politique (avocat d’affaires montpelliérain, il était le candidat LR aux dernières élections municipales, NDLR) d’une zone allant de Sète à Nîmes. Ce grand territoire représente l’ensemble du bassin de vie où un habitant de la métropole de Montpellier est susceptible d’aller.
Avez-vous déjà identifié des sujets sur lesquels l’agence va travailler en priorité ?
Oui. Le foncier et le tourisme sont les deux premiers thèmes sur lesquels l’agence va se pencher. L’enjeu sera de trouver des partenariats au niveau des intercommunalités. En ce qui concerne le foncier, il manque des surfaces sur la métropole pour faire des zones, de production et artisanales, et, dans une moindre mesure, des bureaux. L’enjeu est d’équilibrer le parc actuel entre ces différents types d’activité. Il y a des projets de nouvelles zones mais là aussi, l’idée n’est pas d’aller trop vite. Il faut réfléchir à une autre manière de faire et cela prend du temps.
À quand les premières actions concrètes de cette agence économique ?
Selon moi, il faudra un minimum de six mois. Tout dépendra de l’évolution du contexte sanitaire et économique. Six mois, c’est le temps nécessaire pour « poser les choses », faire une analyse avant de formuler des propositions. Nous avons un président qui veut aller vite sur certains projets mais, pour autant, je pense que le temps joue aussi en notre faveur pour avoir une meilleure connaissance de la situation et, de fait, une meilleure solution à apporter.
Quels sont vos points de vigilance en matière de développement économique ?
Il s’agit de tracer les perspectives pour une future époque où les besoins des travailleurs – qui sont étudiants aujourd’hui – seront différents. On le voit avec le développement du télétravail notamment, on se prépare aussi à une mutation des métiers, les fameux « métiers de demain » dont on ignore encore beaucoup. En termes d’industrie de production, il faut réfléchir au-delà de la métropole. Montpellier ne doit être que la porte d’entrée. Plus qu’une industrie positive, c’est d’une économie positive dont nous avons besoin où sont intégrées les dimensions sociales et environnementales, au bénéfice de l’ensemble de la population.
Autre annonce forte en matière économique, celle de la mise en place d’une Med Valley, tournée vers le secteur de la santé et du bien-être. Par quoi allez-vous commencer ?
Il nous faut encore quelques mois pour finaliser la feuille de route, attendue en début d'année prochaine. Celui qui va présider ce projet - une personnalité issue du secteur de la santé - a été trouvé et il y travaille. C’est une vision sur le long terme qui va nécessiter certaines transformations. L’objectif est de capitaliser sur ce qu’on a. Nous n’avons pas la prétention de savoir à l’avance ce qu’il faut faire. Nous réunissons des acteurs institutionnels, publics et privés et nous co-construisons. Cela demande un peu de temps. Montpellier Capital Santé a posé la première brique. L’objectif est d’aller plus loin en incluant l’environnement, l’alimentation… Que chaque filière profite de l’autre et que des intérêts extérieurs au territoire soient aussi captés.
Concrètement, Med Valley sera situé au nord de Montpellier, comme annoncé ?
Oui et l’idée n’est pas d’étendre des zones mais bien de repenser ce que l’on a déjà. C’est en cela que la transformation va prendre un peu plus de temps. Il y a des choses qui ne sont pas terminées, d’autres qui peuvent être poussées, à la Mosson, à la Colombière… Il y a des acteurs qu’il faut davantage mettre en lien. Il faut optimiser la question des coûts que représente un tel investissement tout en améliorant la qualité de vie. Et cela doit être bénéfique à tous, pas que pour des acteurs économiques.
Quel est le regard de la cheffe d’entreprise que vous êtes sur le développement économique ?
Avant d’être cheffe d’entreprise, j’ai été étudiante et j’ai toujours eu l’idée de créer à un moment donné une entreprise. Cette appétence des jeunes pour la création d’entreprise est de plus en plus forte car elle leur permet de donner du sens, de ne pas subir une politique d’entreprise qui ne leur correspond pas. À nous de les accompagner dans la création d’entreprise, et cela dès l’université où il faut combler certains manques en intégrant des incubateurs dans les établissements, et, directement dans les formations, en ajoutant les dimensions sociétale et environnementale de la création d’entreprise. Il faut les accompagner là-dessus. Nous n’avons pas tous l’ambition de faire une croissance à l’international, il faut donc une proposition d’accompagnement adapté aux besoins et aux ambitions de chacun. Il n’y a pas que l’aspect financier de la création d’entreprise qui est important mais aussi sa dimension humaine.










