Philippe Lamouroux : "Comptable, et de plus en plus expert"
Installation du Conseil régional de l’ordre des experts-comptables (Croec) Occitanie, spécialisation de la profession, perspectives économiques…Philippe Lamouroux, président de l’Ordre des experts-comptables (OEC) région de Montpellier, qui a tenu son AG le 11 septembre, passe en revue les dossiers chauds de la rentrée.
À la fin de l'année, l’OEC région de Montpellier disparaît au profit de l'OEC Occitanie, une nouvelle qui ne vous réjouit pas...
C’est une ineptie ! La crise sanitaire a pourtant montré l’importance de la proximité. Concrètement, comme le prévoit la loi Pacte, un conseil régional Occitanie va être installé à Toulouse, avec un relais local à Montpellier. Évelyne Denayrolles, actuelle secrétaire générale du Croec de Toulouse en deviendra la secrétaire générale. Jérôme Poingt, secrétaire général du Croec de Montpellier, lui succèdera à horizon 2022. Quant au président du Croec Occitanie, il sera élu le 24 novembre. Les décisions se prendront à Toulouse ce qui signifie un appauvrissement à Montpellier. Le Croec région de Montpellier compte pourtant plus de 1 000 adhérents, contre plus de 800 pour celui de Toulouse…
Quelles sont les évolutions en cours dans votre profession ?
Le développement de nos missions d’expertise nous permet, depuis peu, de facturer des honoraires de succès, par exemple dans le cadre d’une opération de financement ou de rapprochement d’entreprises. Nous ne pouvons pas demander ce type d’honoraire dans le cadre d’actions classiques relevant de notre cœur de métier. Par ailleurs, nous constatons une montée en puissance des spécialisations. Ainsi, un expert-comptable peut se spécialiser dans un secteur d’activité ou dans un type d’opération. Nous faisions déjà du conseil auprès de nos clients, un peu comme Monsieur Jourdain, mais nous sommes en train d’identifier ces nouvelles compétences afin de les “marketer“ et de pouvoir les facturer.
Sur le plan économique, êtes-vous confiant pour les mois à venir ?
Nous allons nous heurter à un double-mur : le premier cet automne avec des entreprises qui vont souffrir de la baisse de leur activité ; le second au printemps 2021, au moment de l’échéance pour le remboursement du prêt garanti par l’État. Les bilans annuels ne seront pas bons et les entreprises risquent d’avoir des difficultés à emprunter de nouveau pour investir.
Le plan de relance ne vous a-t-il pas rassuré ?
Il n’y a rien sur la consommation des ménages. Rien n’est prévu pour aller chercher l’épargne des Français. J’aurais aimé quelques annonces sur des crédits d’impôts destinés à soutenir l’investissement des entreprises. Par ailleurs, peu d’annonces s’adressent aux petites entreprises.
Comment s’est traduit l’action des experts-comptables durant la crise sanitaire ?
La crise a été très valorisante pour notre profession. Nous avons participé à de nombreux webinaires d’informations aux côtés de l’Urssaf, la Direccte, Bpifrance, la DGFIP, les banques…Nous avons aussi joué le rôle d’interface entre la Direccte et les entreprises pour les demandes d’activité partielle.
À noter : le Congrès National des Experts-Comptables 2023 aura lieu à l’Arena Sud de France du 27 au 29 Septembre 2023 (5 000 experts-comptables attendus).










