Évolution des compétences, impact de la crise... : entretien avec Philippe Lamouroux, président de l'Ordre des experts-comptables de la région de Montpellier
Mise en place du conseil régional de l’ordre des experts-comptables (Croec Occitanie), élargissement des compétences, spécialisation de la profession, impact économique de la crise…Le 11 septembre, l’Ordre des experts-comptables (OEC) région de Montpellier (1 032 adhérents) organise son assemblée générale au Palais des congrès du Cap d’Agde. La Lettre M s’est entretenue avec Philippe Lamouroux, président de l’Ordre, pour évoquer les dossiers chauds de la rentrée.
À la fin de l'année, le conseil régional Montpellier disparaît, une nouvelle qui ne vous réjouit pas...
Philippe Lamouroux : C’est une ineptie ! La crise sanitaire a pourtant montré l’importance de la proximité. C’est une erreur stratégique pour la profession. Concrètement, comme le prévoit la loi Pacte, un conseil régional Occitanie va être installé, avec un relai local à Montpellier. Évelyne Denayrolles, actuelle secrétaire générale du Croec de Toulouse en deviendra la secrétaire générale et Jérôme Poingt, secrétaire général du Croec de Montpellier, lui succèdera à horizon 2022. Quant au président du Croec Occitanie, il sera élu le 24 novembre par les conseillers régionaux. La création de ce Croec Occitanie va à l’encontre du sens de l’histoire. Les décisions se prendront à Toulouse ce qui signifie un appauvrissement à Montpellier. Le Croec région de Montpellier compte plus de 1 000 adhérents, tandis que celui de Toulouse en représente plus de 800…
Votre profession a été très active durant la crise de la Covid-19, comment cela s'est-il traduit ?
La crise sanitaire a été très valorisante pour notre profession qui a su accompagner les entreprises. François Asselin, président de la CPME, l’a d’ailleurs souligné dans Sic (webzine des experts-comptables) au printemps dernier : « Sans l’aide des experts-comptables, de nombreux dirigeants de TPE auraient été dans l’incapacité de franchir le barrage quasi insurmontable que représentaient les démarches administratives à accomplir pour demander la mise en activité partielle ! » Une reconnaissance qui valide une évolution au sein de la profession, avec la mise en avant de notre rôle d’« expert », davantage que celui de « comptable ». Nous avons par ailleurs participé à de nombreux webinaires d’informations aux côtés de l’Urssaf, la Direccte, Bpifrance, la DGFIP, les banques…
Plus de conseil, de spécialisation...quelles évolutions pour le métier d'expert-comptable ?
L'extension de nos métiers est prévue dans la loi Pacte. Le développement de nos missions d’expertise nous permet déjà, depuis peu, de facturer des honoraires de succès par exemple dans le cadre d’accompagnement d’entreprises lors d’une opération de financement ou de rapprochement avec une autre entité. Nous ne pouvons pas demander ce type d’honoraire dans le cadre d’un contrôle fiscal par exemple car cela relève de notre cœur de métier. L’autre élément qui peut nous positionner sur ce métier du conseil, plus que sur la comptabilité, c’est la montée en puissance de compétences spécialisées. Ainsi, un expert-comptable peut se spécialiser dans un secteur d’activité ou dans un type d’opération. Cette évolution est déjà en cours. Nous faisions déjà du conseil auprès de nos clients, un peu comme Monsieur Jourdain, mais nous sommes en train d’identifier ces nouvelles compétences afin de les “marketer“ et de pouvoir les facturer. La loi Pacte nous permet aussi d’assurer des missions dans le cadre de la délégation administrative. Ainsi, les entreprises, essentiellement les plus petites, peuvent nous déléguer toutes leurs tâches administratives.
À noter : le Congrès National des Experts-Comptables 2023 aura lieu à l’Arena Sud de France du 27 au 29 Septembre 2023 (5 000 experts-comptables attendus).










