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Midi-Pyrénées
| | 9/09/2020

Les voyagistes au bord de la crise de nerf

« Du côté des agences de voyages et des tour-opérateurs, cela se passe mal, il n’y a pas d’autres mots », résume Jean-Pierre Mas, président d’EDV (Entreprises du Voyage), la principale organisation professionnelle du secteur dans un entretien accordé fin août au site spécialisé TourMag.com. Un constat largement partagé par les voyagistes régionaux. En cause, l’explosion des annulations de séjours, l’absence de clients, la fermeture de certaines frontières et la suspension de près de 80 % des liaisons aériennes au niveau mondial.

Pertes et licenciements

« Toutes nos activités - que ce soit les voyages individuels, les séjours scolaires ou les voyages de groupe - sont affectées par les conséquences de la crise sanitaire. Et le volume d’affaires enregistré depuis la fin du confinement est proche du néant », déplore Benjamin Gourdon, responsable de la branche voyages du groupe aveyronnais Ruban Bleu (15 sociétés, 520 salariés). À la tête de quatre agences (Rodez, Albi, Mende et Rodez), il n’envisage pas de retour à la normale avant plusieurs mois : « Pour l’heure, seules les mesures de chômage partiel nous permettent de préserver l’emploi de nos salariés. » Toujours en Aveyron, Xavier Obert, directeur général du groupe Go & Live (huit marques, 200 salariés), l’un des leaders français des séjours linguistiques et des voyages scolaires, dresse un constat identique. « 85 % des 2 000 séjours programmés cette année ont été annulés. De fait, nos pertes sont très élevées. Nous n’atteindrons que 10 % du chiffre d’affaires prévisionnel qui était estimé à plus de 95 M€ cette année », précise-t-il. Conséquences de ces mauvais résultats, le groupe a pris la décision de licencier une partie de ses effectifs. « Au total, nous avons dû nous séparer d’une quarantaine de personnes et près de 90 % de nos salariés sont toujours en chômage partiel », regrette Xavier Obert.

Préparer la sortie de crise

Autre exemple, à Toulouse, des difficultés rencontrées par les voyagistes. « Nous anticipions une croissance de 30 % en 2020 pour passer de 95 à 125 M€ de chiffre d’affaires. Or, notre activité n'atteindra pas, au mieux, 50 % du volume d’affaires réalisé l’an dernier, analyse José Martinez, président du groupe Amplitudes spécialisé dans les voyages individuels, les voyages d’affaires et de groupes. En termes d’emploi, cette situation s’est traduite par une trentaine de licenciements économiques. Et nous n’avons pas renouvelé les contrats de qualification et les CDD. De 165 en début d’année, l’effectif n’est plus que de 120 personnes. » Malgré ce contexte peu favorable, le professionnel reste serein. « Nous avons limité la casse grâce à la fidélité de certains clients qui ont continué à voyager malgré le contexte sanitaire. Et notre trésorerie nous permet de préparer la sortie de crise en développant de nouveaux outils numériques et de nouveaux produits. »

David Danielzik / danielzik@lalettrem.net
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