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Haute-Garonne
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Aéronautique et spatial
| 1/09/2020

Le spatial résiste à la crise

Alors que le secteur aéronautique régional est impacté de plein fouet par la crise, son « cousin », le spatial, semble pour l'heure relativement épargné par les soubresauts de la conjoncture. Dans une région Occitanie qui concentre un quart des emplois européens spatiaux (13 000 personnes), l'enjeu est résolument stratégique. « Les cycles du secteur sont beaucoup plus longs que ceux de l'aéronautique, analyse Christian Bec, président du Club Galaxie, association toulousaine qui réunit les principaux acteurs de la filière. Par conséquent, le ralentissement est moins brutal. Mais l'impact pourrait durer plus longtemps.»

Une situation contrastée
D'ici là, la situation s'annonce contrastée en fonction des différents segments de marché. Malgré les difficultés rencontrées par le projet OneWeb (constellation de micro-satellites), le secteur des télécommunications reste solide. « Avec le développement du télétravail, le besoin en télécommunications n'a jamais été aussi fort, commente Christian Bec. Les projets de constellations sont toujours là. » En revanche, le marché de l'observation de la Terre, porté en partie par la commande publique, semble plus fragile. Le constat est également nuancé du côté de l'activité purement institutionnelle (recherche, observation scientifique). « Nous avons enregistré un coup de frein en début de crise, puis le Cnes et l'Agence spatiale européenne ont relancé la machine, explique le président du Club Galaxie. Et c'est tant mieux, car le spatial est un secteur très amont en termes de recherche. Un ralentissement aujourd'hui pourrait avoir des impacts dans cinq, dix, voire quinze ans. Nous ressentons une réelle prise de conscience de la part des institutions. »

Des acteurs locaux optimistes
Dans ce contexte, les entreprises toulousaines du secteur se portent plutôt bien. Chez Anywaves, société spécialisée dans le développement d’antennes miniatures pour nanosatellites (17 salariés, CA : 1 M€), l'optimisme est de mise. « Notre secteur s'appuie sur des projets au long cours, dont les budgets sont déjà alloués », glisse Nicolas Capet, fondateur. En juillet, Exotrail, start-up de 27 salariés basée entre Toulouse et Massy (91) et spécialisée dans le transport en orbite de petits satellites, a quant à elle réussi à lever 11 M€ afin de « construire un nouveau leader européen de l'espace ». Même optimisme du côté de l'entreprise toulousaine Telespazio France (services et applications satellitaires) qui, après avoir enregistré 90 M€ de CA en 2019, envisage d'atteindre les 100 M€ cette année.

Alexandre Léoty / leoty@lalettrem.net
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