L’agrandissement de la station d’épuration Maera fortement retardé
C’est un bug informatique qui fait prendre un gros retard au plus grand dossier de la Métropole de Montpellier - hors tramway : l’agrandissement et la modernisation de la station d’épuration Maera, estimé en 2014 à 109 M€ HT. Le président Philippe Saurel a expliqué le 20 novembre la décision de la Métropole d’annuler pour motif d’intérêt général le marché global de performance lancé en mai 2018, auquel deux groupements menés par Veolia et Suez ont remis des offres en juin 2019 (l’annulation intervient avant la phase de négociation avec les groupements). « Une erreur liée à l’informatique a rendu accessible des informations confidentielles sur l’analyse des réponses, qui pouvaient être connues par les concurrents. Nous avons préféré choisir la prudence », indique Philippe Saurel. L’irrégularité faisait courir un risque juridique important à la procédure en cas de recours.
Livraison en 2026, cahier des charges modifié
Philippe Saurel a présenté un nouveau calendrier, tout en annonçant une modification du cahier des charges « pour intégrer un certain nombre de décisions écologiques ». Ce qui ne change pas, c’est le dimensionnement : Maera passera d’une capacité nominale de 470 000 à 660 000 équivalents habitants (+ 40 %) pour faire face à l’augmentation de la population à l'horizon 2040. Sur la base du cahier des charges modifié, un nouvel appel à candidatures doit être lancé en mai 2020. L’objectif affiché est de démarrer les travaux début 2022 pour une livraison en 2026, contre 2023 à l'origine.
À la présentation du dossier en juillet 2017, la livraison avait été annoncée en 2023 ; « fin 2024 » indique aujourd’hui Philippe Saurel. « Au minimum, on perd trois ans, pas 18 mois, c’est un naufrage total », conteste et regrette Cyril Meunier, le maire de Lattes, commune d’accueil de Maera. Cyril Meunier, membre du comité de pilotage du dossier, était présent à la conférence de presse ce 20 novembre. Deux points seront modifiés « pour des performances plus élevées » : le traitement des boues et la réutilisation des eaux usées traitées. Tranche conditionnelle, le centre d’incinération des boues résiduelles sera intégré et ses performances poussées.
Un coût à réévaluer
Le décalage dans le temps (l’estimation date de 2014) et la modification du cahier des charges vont faire évoluer le coût, reconnaît la Métropole, qui n’avance pas encore de nouvelle estimation. Pour le maire de Lattes, le surcoût sera important : « Nous en aurons pour 20 à 30 M€ de plus. D’après mes informations, les offres rendues par les deux candidats sont largement au-dessus de l’estimation. » L’annulation du marché conduira aussi la Métropole de Montpellier à verser un dédommagement de 200 k€ à chaque candidat.










