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Hérault
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Industrie / Numérique
| 29/04/2019

Le PDG France de Schlumberger souhaite "un écosystème montpelliérain fort et visible à l’international"

Créé en 1926, le groupe de services pétroliers Schlumberger (32,8 Md$ de CA en 2018) dispose de deux implantations en Occitanie, un site industriel à Béziers (près de 600 salariés) et un site dédié au software à Montpellier (125 salariés). Au niveau français, Schlumberger emploie près de 2000 personnes. Rencontre avec Olivier Peyret, PDG France du groupe Schlumberger.

Vous étiez récemment à Montpellier à l’occasion de l’opération « Elles innovent dans le numérique », menée par l’association Elles bougent, qui vise à renforcer la présence des femmes dans l’effectif des entreprises des secteurs industriels et technologiques. Où en êtes-vous en matière de mixité chez Schlumberger ?
Sur les 100 000 personnes employées dans le monde, 19 % sont des femmes, contre 6 % en 1995. Nous avons des quotas d’embauches. Celui de 2019 est d’un minimum de 40 % de femmes par an. C’est un objectif parfaitement réalisable. La diversité, tant économique que culturelle, fait partie de notre ADN. Pour l’anecdote, je rappelle que Schlumberger a été le premier acteur pétrolier à faire monter des femmes ingénieures sur les plateformes dans les années 70 ! Le problème était que tout était fait pour un personnel masculin à l’époque. Le chef de la plateforme, qui était de fait un salarié de notre client, laissait alors sa cabine, tout le reste de l’effectif dormant dans des dortoirs…

Quels sont vos projets de recrutement en 2019 ?
Dans un contexte économique où le secteur pétrolier est encore convalescent, nous recrutons environ 3 000 ingénieurs et cadres dans le monde cette année dont 100 en France et une petite dizaine à Montpellier. Au total, Schlumberger Montpellier emploie 125 personnes et 650 à Béziers au sein du site industriel Cameron (racheté en 2016, NDLR).

Le site de Montpellier, dédié au software, est-il donc stratégique pour le groupe ?
Nous sommes présents à Montpellier suite à une opportunité : le rachat de Techsia et Igeoss (en 2009 et 2010, NDLR). Le site de Montpellier est spécialisé dans la création de logiciels et le software représente plus de la moitié de nos investissements annuels en R&D (700 M$ en 2018, NDLR). L’enjeu est donc désormais de drainer des talents vers ce site, avec l’avantage d’offrir la possibilité d’une grande mobilité, notamment internationale, au sein du groupe. Nous avons tout à gagner à ce que l’écosystème montpelliérain soit fort et visible à l’international. Le fait que nous soyons installé à côté d’IBM, avec son site d’excellence mondiale en calcul quantique, est un signal fort. Il faut que nous collaborions avec eux, que nous échangions, pour atteindre une taille critique. Cela doit aussi permettre d’attirer l’intérêt des industriels. En tant que PDG de Schlumberger France, je dois convaincre ma tutelle que c’est en France qu’il faut investir, dont Montpellier. Pour cela, la force de l’écosystème local est indispensable.

Quelles sont les relations du groupe avec les jeunes entreprises innovantes ?
Dans les années 80, 75 % de la R&D réalisée par le privé provenait des grands groupes industriels du type Schlumberger. Aujourd’hui un tiers de la R&D est réalisé par les grands groupes, un tiers par les PME/ETI et le reste par les toutes petites entreprises. Avant, on innovait « entre soi », on cachait tout, on faisait tout nous même. Aujourd’hui, la vitesse des évolutions technologiques a fait éclater le système. On a dû se réinventer. Si notre veille technologique n’est pas adaptée, nous risquons de manquer quelque chose. Nous avons un message à l’attention des start-up : Osez frapper à notre porte ! Nous serons accueillants.

Comment vous mettre « au cœur de l’innovation » ?
Le constat est que les start-up ont du mal à accélérer leur croissance et les grands groupes ont besoin de leurs innovations sans être vus comme des prédateurs. A nous de changer pour devenir attirant pour ces start-up et le partenaire idéal. A Montpellier, nous devons nous rapprocher du Business Innovation center par exemple. L’intrapreneuriat est aussi à mettre en valeur. Nos salariés le demandent car à défaut, ils nous quittent parfois, montent leur start-up et on n’en entend plus parler. C’est dommage pour eux et pour nous.

Nelly Barbé / barbe@lalettrem.net
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