Le CA des entreprises lozériennes poursuit sa croissance
En 2018, le chiffre d'affaires cumulé des entreprises lozériennes atteint 2,2 Md € « Il a grimpé de plus de 6 % entre 2018 et 2017 », se réjouit Thierry Julier, président de la CCI de Lozère, le 12 mars, à l’occasion d’une présentation de la conjoncture économique du département, en partenariat avec la Banque de France succursale de la Lozère (président : Anouar El-Bakkouchi). Paradoxalement, dans le même temps, l’emploi salarié a reculé. « Les entreprises ont investi, notamment pour la digitalisation de leurs process et collaborent avec des partenaires basés hors de Lozère, notamment dans le BTP, car la commande publique a baissé ces dernières années », analyse le président de la CCI 48. En l‘espace de 10 ans, le secteur, qui représente environ 10 % du CA global du département, a vu son nombre de salariés passer de 2 000 à 1 400. Cette année, « les activités ne dépendant pas de la demande locale devraient bien progresser ».
Le CA de l'industrie (17,57 % du CA global du département) a augmenté de 14 % entre 2016 et 2017 et s'est stabilisé l'année dernière (+1,63%). L'agroalimentaire et l'agriculture, un secteur qui représente 13,18 % du CA global de la Lozère, a bondi de près de 28 % entre 2016 et 2017, puis de 11 % entre 2017 et 2018. Quant au commerce, activité qui pèse pour 37 % dans le CA de l'ensemble des entreprises lozériennes, le CA a progressé de 4,85 % entre 2016 et 2017, puis de 4,03 % entre 2017 et 2018.
Point de déception pour Thierry Julier : le tourisme. « Nous ne sommes pas au rendez-vous, il faut remettre en cause notre offre touristique et nos tarifs car la concurrence est rude. » Et d'ajouter : « Il faudra prévoir de nouveaux hébergements, des activités récréatives. Il ne suffit pas rénover l’offre hôtelière, ce n'est pas suffisant. » L'évolution des réglementations, en termes notamment d'accessibilité et de consommations énergétiques, ont eu un impact sur les acteurs du tourisme lozériens. Beaucoup de lieux sont situés en montagne et donc la mise en conformité pour l'accessibilité des personnes à mobilité réduite est complexe et onéreuse. Les conditions climatiques quelque peu extrêmes ne facilitent guère non plus les mesures de mise aux normes énergétiques. Autre sujet d'inquiétude : l'activité immobilière (l'aspect transactionnel) qui, selon Thierry Julier, souffre des lois de défiscalisation successives. « Elles ont oublié le secteur de la ruralité. Les investisseurs privés un peu fortunés qui gagnent de l’argent en Lozère n’ont pas d’opportunité pour investir dans l’immobilier sur le territoire. Notre activité immobilière est vidée de sa substance car nous avons perdu le privé. »










