Fusion métropole-département : les débats sont vifs
Suite aux trois réunions organisées au cours des derniers mois entre l’Élysée et les présidents des grandes métropoles françaises, Jean-Luc Moudenc, maire LR de Toulouse et président de Toulouse Métropole, revient le 4 octobre, à l’occasion du conseil métropolitain, sur la possible fusion - sur leurs périmètres - des métropoles de plus de 500 000 habitants avec les conseils départementaux. Un « modèle lyonnais » auquel il est « personnellement favorable ». « En réalité, c’est un modèle solidaire, estime-t-il. Si c’était un schéma d’égoïsme métropolitain, je n’y souscrirais pas. J’ai donné mon sentiment à l’État, mais bien entendu, les décisions ne m’appartiennent pas. Je suis pour cette réforme, avec des conditions. Je souhaite notamment que soit renforcé le pouvoir des maires, afin que la métropole n’écrase pas le fait communal. Et quoi qu’il se passe, je considère que nous devons continuer à travailler avec le Département. »
Du côté de l’opposition métropolitaine, la pilule a du mal à passer. « C’est un dossier typique de Docteur Jean-Luc et Mister Moudenc, avec des discours différents à Paris et à Toulouse », ironise Claude Raynal, président du groupe socialiste, qui s’interroge : « Monsieur Moudenc, lorsque vous êtes invités à l’Élysée pour parler de ce dossier, sur la base de quelle position prise par votre institution vous placez-vous ? » Un procès en légitimité partagé par Marc Péré, président du groupe d’opposition Métropole Citoyenne. « Nous avons une réaction d’étonnement quand on apprend par la presse ces réunions secrètes, explique-t-il. Ça fait totalement ancien monde. Ce sont des enjeux importants et nous avons l’impression que seuls quelques barons peuvent aller voir le roi… » Pierre Lacaze, président du groupe des Communistes, républicains et citoyens, enfonce le clou : « Qui peut croire, Monsieur Moudenc, que vous puissiez vous positionner sans l’accord des 37 maires de la métropole, sans débat ? Ce type de question ne se règle pas dans un couloir ou dans un bureau de l’Elysée ». Joseph Carles, maire PRG de Blagnac et président de la commission finances de Toulouse Métropole, se positionne sur le fond du dossier. « Est-il pertinent de travailler sur un modèle d’intégration métropolitaine sur un périmètre qui ne veut rien dire chez nous ? » s’interroge-t-il, faisant allusion aux intercommunalités du Sicoval et du Muretain, qui englobent une part significative du pôle tertiaire et scientifique de l’aire toulousaine, sans pour autant faire partie de Toulouse Métropole. « Remettons les choses dans l’ordre, préconise l’élu. Il serait pertinent d’avoir un véritable périmètre métropolitain. C’est le sens de l’histoire. La question est celle de la temporalité pour y arriver. Un processus de coopération avec le CD 31 a été mis en place. Il serait dommageable de revenir sur cela. »
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