Le Pic du Midi fait peau neuve
Un vent à 70 km/h, une température de 4°C, du brouillard et de la pluie mêlée de quelques flocons : « C’est un peu frisquet pour un mois de juin ! », s’amuse un touriste au sortir du téléphérique de La Mongie, qui relie en 15 minutes la station de ski haut-pyrénéenne au Pic du Midi. De fait, la promesse de découvrir à 2 877 m d’altitude « le plus beau panorama de la chaîne des Pyrénées » ne sera pas tenue ce jour-là. Mais qu’importe. « Avant, on montait au Pic du Midi juste pour la vue. Maintenant, on propose beaucoup plus », affirme Daniel Soucaze des Soucaze, directeur général de la régie du syndicat mixte pour la valorisation touristique du Pic du Midi (60 salariés, CA 2017 : 4,98 M€ HT). Un plan d’investissement de 7 M€ (financeurs : Europe, État, Région, Département des Hautes-Pyrénées et emprunt bancaire) a en effet été lancé sur la période 2016-2019 pour moderniser et réaménager le site, ouvert au public depuis 2000. Point de départ de ce projet : une étude confiée à la société Implicite (Chamonix), préconisant de faire vivre aux visiteurs « une expérience inédite » - même en cas de mauvais temps - pour les attirer et les fidéliser.
140 ans d’histoire
Parmi les nouveaux équipements proposés : le restaurant panoramique « 2 877 » (80 couverts avec terrasse privative) ; une table d’orientation de six mètres de long ; le « ponton dans le ciel » (lire encadré ci-contre), inspiré du « pas dans le vide » de l’Aiguille du Midi (massif du Mont-Blanc) ; un planétarium de huit mètres de diamètre aménagé dans la coupole Baillaud, construite en 1908 ; l’Espace Expériences, permettant notamment de découvrir le travail des scientifiques (entre 5 et 30 personnes) de l’Observatoire du Pic du Midi ; la Galerie des Merveilles, où sont exposés des témoignages de l’histoire du site, démarrée en 1878 avec la pose de la première pierre de l’Observatoire du Pic du Midi par l’ingénieur Vaussenat et le général Nansouty. Deux chantiers restent à finaliser, pour un coût de 800 k€ : l’acquisition de tablettes numériques qui seront mises à disposition des visiteurs pour faciliter et enrichir leur parcours de visite (disponibles cet hiver) et l’aménagement d’une « coupole des amateurs », où un télescope connecté permettra d’observer le ciel (ouverture à l’été 2019).
Accroître la notoriété du site
« Grâce à tous ces aménagements, nous voulons augmenter la fréquentation du site, notamment en captant une clientèle internationale », indique Daniel Soucaze des Soucaze. En 2017, 120 321 clients ont été accueillis au Pic du Midi (+ 1 % par rapport à 2016) pour un chiffre d’affaires total de 5,9 M€ TTC, en hausse de 2 %. Conséquence, entre autres, des attentats : la baisse de la clientèle étrangère qui « représente aujourd’hui 15 % de la fréquentation totale, contre 25 % il y a trois ans », regrette le directeur général. Plusieurs initiatives visent pourtant à accroître la notoriété du site, en particulier à l’international : la labellisation « Réserve internationale de ciel étoilé » accordée en 2013 par l’International Dark Sky Association, visant à préserver le site de la pollution lumineuse ; l’organisation d’événements au sommet (concerts, démonstration de chefs cuisiniers…) ; la démarche Unesco en cours. Un 1er comité de pilotage, réunissant une soixantaine de personnes, s’est tenu en janvier, actant le principe d’une candidature pour une inscription au titre des paysages culturels, commune à plusieurs observatoires de haute montagne (Aura Observatory au Chili et Canarian Observatories en Espagne, notamment). Depuis l’inscription d’un premier bien naturel français au patrimoine mondial de l’Unesco, obtenue le 2 juillet pour la chaîne des Puys-Faille de Limagne (Massif central), tous les espoirs sont permis.










