Matabiau, futur cœur battant de la capitale régionale
Dans le cadre de la concertation sur le quartier Toulouse EuroSudOuest et le futur pôle d’échanges multimodal de Toulouse Mabatiau, menée jusqu’au 29 mars, les partenaires font un point d’étape, mardi 13 mars aux Espaces Vanel à Toulouse. Sur 40 ha au cœur de la métropole, la future Zac (création en début 2019) Toulouse EuroSudOuest (Teso) prévoit 3 000 logements, dont 40 % en logement social (locatif et accession, avec des opérateurs privés) ; 50 000 m2 de commerces, services et loisirs ; 300 000 m2 de bureaux et activités tertiaires (environ 20 000 emplois sur 20 ans) ; trois équipements publics : crèche, gymnase et groupe scolaire. Un parc urbain et les aménagements des berges du canal du Midi sont également programmés. Au total, 260 M€ d’investissements sont programmés sur la concession d’aménagement confiée à Europolia. 180 M€ seront couverts par des ventes de charges foncières, le déficit étant compensé par Toulouse Métropole. Mais il faut inclure les perspectives de développement économique, les recettes fiscales… Sur ces 260 M€, environ 95 M€ seront injectés dans le pôle d’échanges multimodal, dont 10 M€ pour le prolongement des deux souterrains (nord et sud) à l’horizon 2025.
Nadia Pellefigue, vice-présidente de la Région Occitanie en charge du développement économique : « Teso et Toulouse Matabiau sont des projets importants pour Toulouse et au-delà. La question des mobilités est majeure pour nos concitoyens, et majeure pour le développement économique. Ce projet Teso est articulé autour de l’arrivée de la LGV. »
Annette Laigneau, vice-présidente de Toulouse Métropole : « Une telle association de partenaires est unique sur un projet urbain en France. La fréquentation quotidienne de ce pôle d’échanges multimodal va passer de 50 000 à 150 000 voyageurs par jour en 2030. »
Benoît Brunot, directeur du développement et des projets SNCF Gares & Connexions : « Il faudra prendre en compte les nouveaux usages de déplacements, notamment en matière digitale. Par ailleurs, la nouvelle ligne de métro (Toulouse Aerospace Express, ligne 3) va accélérer le développement de la gare de l’autre côté que le côté historique actuel. »
Pascal Boureau, conseiller départemental (CD) de Haute-Garonne : « Pour Teso, nous voulons une mixité sociale, de nouveaux commerces. Le CD est responsable de la gare routière, qui enregistre 150 000 mouvements par an. Il faut que la gare routière soit un vrai élément au cœur de ce pôle d’échanges multimodal. »
Pierre Boutier, directeur régional de SNCF Réseau : « Le nœud ferroviaire de Toulouse et l’artère littorale languedocienne sont les deux lieux de saturation sur les axes ferroviaires en Occitanie. »
Jacques Rascol, directeur régional de SNCF Mobilités : « Il y a 540 TER qui circulent chaque jour dans la région, et l’étoile ferroviaire de Toulouse en concentre 200. De plus, il faut davantage de TER au départ et à l’arrivée de Toulouse, pour faciliter les déplacements domicile/travail. Il faut une gare qui réponde à cet objectif. C’est un enjeu important. Il faut qu’on puisse amener les TER en temps et en heure, qu’on puisse les réparer. C’est une contrainte qui fait partie intégrante du projet. »
Jean-Michel Lattes, président de Tisséo : « Le plan de déplacements urbains (PDU) a été approuvé à l’unanimité des commissaires-enquêteurs. L’intermodalité est l’un des points-clés de ce PDU. »
Jean-François Colombet, secrétaire général de la préfecture de la Haute-Garonne : « Teso et le pôle d’échanges multimodal sont l’un des projets les plus lourds, les plus complexes conduits en France aujourd’hui en matière d’aménagement urbain. D’où le nombre de partenaires présents ce soir. Il faut que tout le monde soit dans le même tempo. Ce projet doit consacrer le statut de Toulouse, de capitale régionale mais aussi de cité internationale. Matabiau posera problème si les investissements ne viennent pas. C’est un investissement très lourd à consentir. L’État prendra la part qui doit lui revenir. Les procédures sont d’une difficulté assez rare, extrêmement complexes. »
Dominique Lécluse (SNCF), directeur du projet du pôle d’échanges multimodal de Toulouse EuroSudOuest : « On en est encore au début de la concertation. Rien n’est encore exprimé en termes d’architecture. Le public doit s’exprimer, notamment sur les fonctionnalités du quartier. »
Alain Garès, directeur d’Europolia : « Concernant le site de la Sernam, à l’entrée de la gare Raynal, nous travaillons sur les possibilités de libération foncière, et ce qu’on va y faire. A priori, plutôt des bureaux, et pour commencer, la SNCF (actuellement implantée à Marengo, NDLR). Il y a une très forte demande de bureaux neufs en centre de Toulouse, et il n’y a aucune offre. Sur Teso, nous prévoyons 15 000 m2 de bureaux par an, soit 10 % de la consommation annuelle de bureaux dans la métropole. On est sûrs qu’on ne se trompe pas ! Pour la tour Occitanie, qui prévoit 10 000 m2 de bureaux, on reçoit des demandes tous les jours. C’est la preuve de la demande sur le secteur. »
Joan Busquets, urbaniste : « Teso va faire le lien avec le quartier existant. C’est l’endroit qui doit être le plus accessible de toute la métropole. Il n’y aura pas de parking au pied la future tour Occitanie. Ce sera une pièce d’architecture au niveau européen. » La tour doit faire l’objet d’un dépôt de permis fin avril.
Un grand parvis de 40 mètres de large (bus, taxi, vélo) et un nouveau bâtiment voyageurs, côté Marengo, seront bâtis. La gare comprendra trois niveaux. Le parvis actuel sera remis à neuf fin 2019. L’accès à la ligne A de métro sur le parvis sera rendue plus visible. La gare sera aussi desservie par la future ligne de métro TAE (station Bonnefoy).
Les enquêtes publiques pour Teso et le pôle d’échanges multimodal Toulouse Matabiau devraient intervenir en fin d’année.










