La sécheresse, ennemi n°1 de l'agriculture
En juillet, la récolte viticole était estimée à 13,5 Mhl en ex-LR et 3,5 Mhl en ex-MP (source Draaf). Un mois plus tard, la tendance est revue à la baisse : 12,4 Mhl en ex-LR et 2,52 Mhl en ex-MP. En cause, la sécheresse qui persiste sur la région. Michel Defrances, président de l’interprofession des vins du Sud-Ouest, ne cache pas son inquiétude : « Nous démarrons à peine la récolte, si la sécheresse se poursuit, l’impact sera encore plus fort qu’en Languedoc qui est déjà en train de vendanger. » Côté grandes cultures, si les rendements dans le Sud-Ouest sont bons selon FranceAgriMer, le groupe coopératif audois Arterris relève une exception « dans la région de Narbonne, très affectée par la sécheresse hivernale ». En ex-LR, la petite récolte viticole entraînerait un manque à gagner estimé à plus de 120 M€ de CA (prix moyen de 80€/hl). « La situation est extrêmement tendue », relève un institutionnel, insistant sur une situation économique dégradée depuis le début de l'année et sur le peu de chance qu'une éventuelle hausse de prix rattrape l'intégralité de la perte de volumes. Le syndicat mixte du bassin de Thau organise à Sète le 23/9 une journée dédiée aux nécessaires économies d'eau. À Tuchan dans l'Aude, un incendie s'est déclaré dans la nuit du 5 au 6/9, dévastant 1.200 ha. 200 ha de vignes sont impactés, dont 50 complètement partis en fumée. La sécheresse accrue est en cause : la préfecture de l'Aude relève dans l'est du département « des débits de cours d'eau correspondant à une hydrologie observée en moyenne une fois tous les 20 ans ».
Eau « La question de l’irrigation se pose, poursuit Michel Defrances. Dans tous les pays du monde, on capte l’eau qui passe. Ici, les débats sont difficiles, chaque projet de lac rencontre une opposition que j’estime infondée. Il faut arrêter de croire que les agriculteurs sont contre la nature. » En 7 ans, en ex-LR, près de 12.900 ha de vignes ont bénéficié des aides à l'irrigation de l’OCM vitivinicole dans le cadre de la restructuration du vignoble (chiffres FranceAgriMer). Parallèlement, la Région poursuit le développement d'Aqua Domitia, un réseau de 150 km de canalisations pour 15 à 20.000 ha supplémentaires de cultures reliées à l'eau (200 M€ d'investissement, maîtrise d'ouvrage déléguée : BRL). « L’enjeu est de maintenir un volume de production raisonnable mais il s’agit surtout de garantir la qualité du vin, explique Laurent Mayoux, chef de service adjoint FranceAgriMer ex-LR. Avec la sécheresse, la maturation des raisins est stoppée et les grappes moins juteuses. Cette année va démontrer que des vins issus de vignes irriguées sont meilleurs. » Pour mieux gérer la ressource en eau, les agriculteurs se tournent vers les outils d'aide à la décision, boostant ce secteur d'activités. À Montpellier, ITK (logiciels d'aide à la décision pour l'agriculture) et Smag (logiciels de gestion de données agronomiques), filiale du groupe coopératif InVivo, prévoient chacun 20 embauches dans les prochains mois.










