La vigne se porte bien, le marché agricole se maintient
La photographie annuelle de l’espace rural en ex-LR faite par la Safer fait état d’un marché agricole et non agricole de 26.721 hectares en 2015, stable par rapport à 2014, pour un montant de 503 M€. Le marché non agricole (7.941 ha) progresse en surface de 16 % mais recule en valeur de 7,2 % ; tandis que le marché agricole (15.462 ha) progresse en valeur et en surface (respectivement 9,5 % et 8,7 %).
Retour des installations
La bonne santé de la filière viticole s’accompagne d’une recrudescence des installations de jeunes agriculteurs en viticulture, mais aussi en élevage pour le département de la Lozère. 192 installations ont été comptabilisées en 2015 (140 en 2014). « On voit des familles de vignerons qui encouragent leurs enfants à venir s’installer sur l’exploitation. Il faut souhaiter que cela dure », indique Frédéric André, directeur de la Safer.« La hausse du marché agricole est essentiellement dû aux vignes et à certaines cultures spéciales comme les vergers et les marais salants », confirme Roland Traver en charge des relations extérieures à la Safer. Il s’est vendu, en 2015, 5.853 ha de vignes (+ 2,2 % par rapport à 2014) pour une valeur de 78,6 M€ (+ 6,8 % par rapport à 2014) et 4.586 ha de cultures spéciales (+ 35 % en surface et + 34,7 % en valeur). Concernant le prix moyen des terres, ils sont en hausse dans 4 des 5 départements de l’ex-LR, jusqu’à + 7 % dans le Gard et les Pyrénées-Orientales.
Vigne la moins chère de France
La vigne voit son prix à l’hectare augmenter même si elle « continue à être la moins chère de France », rappelle Roland Traver. Sur des zones classées en AOP de territoire (Terrasses du Larzac, Pic St-Loup, Faugères, St-Chinian ou certains Côte-du-Roussillon…), le prix est compris entre 15.000 et 21.000 € l’hectare, et 14.000 €/ha en moyenne pour des AOP génériques (Corbières, Minervois, Languedoc, Côtes du Roussillon). Certaines zones en AOP crus classés, dans la Vallée du Rhône notamment, peuvent atteindre les 80.000 €/ha. Le prix des vignes en IGP (indication géographique protégée) est de 13.000 €/ha en moyenne, 10.000 €/ha pour les vignes classées sans indication géographique.
Activité de la Safer
Sur les 26.721 ha cédés en 2015, la Safer ex-LR est intervenue sur 6.830 ha, soit 101 M€ de CA et 6 M€ de marge foncière. Sur les 743 actes que représentent ces transactions, 466 sont des dossiers dont le montant n’excède pas 30.000 €. « L’essentiel du travail de la Safer se fait sur des petits dossiers », confirme Roland Traver. Les « transactions de prestige », d’un montant supérieur à 500.000 €, sont au nombre de 38. « Les marges que nous faisons sur ces gros dossiers nous permettent de traiter les petits dossiers. Nous continuons ainsi notre travail de service public », indique Dominique Granier, le président de la Safer.
Fin de l'artificialisation des terres
Quant à la baisse du marché non agricole en valeur, celle-ci est principalement due « au recul de l’artificialisation des sols », rapportent les représentants de la Safer. « Nous sommes dans un temps d’économie budgétaire, explique Dominique Granier. Les emprises foncières pour les grands projets (autoroute, voie ferrée, NDLR) et pour les zones économiques ont été faites. Nous sommes actuellement sur la RN88 dans le Massif central et sur le passage à trois voies de l’A61 avec les compensations environnementales. La ligne grande vitesse Montpellier-Perpignan sera la prochaine emprise. La DUP est attendue pour 2018. »









