Airbus conjugue les records.
9 mois après le lancement du plan Power 8, Tom Enders, le président d’Airbus, a de quoi être satisfait. « Le programme de restructuration a dépassé ses objectifs ».
L’avionneur européen a fait la démonstration de sa capacité à mettre en œuvre un plan de réduction de coûts que certains pensaient impossible à engager dans un délai aussi court.
Près de 500 M€ d’économie ont pu être réalisés au lieu des 300 M€ escomptés. La réorganisation de la gouvernance a été concrétisée. Des repreneurs et partenaires ont bien été identifiés, au titre desquels l’équipementier toulousain Latécoère, pour la cession de 6 sites de production en Allemagne, au Royaume-Uni et en France.
Sur les 10 000 postes que le groupe souhaitait supprimer d’ici 2010 dans des fonctions autres qu’études et production, 30 % de l’objectif ont été atteints dès 2007.
Toute cette réorganisation et ces efforts de gains de productivité ont été conduits dans un contexte très particulier de records, à la fois pour l’ensemble de l’industrie aéronautique civile mondiale et pour Airbus en particulier.
Les chiffres présentés à Toulouse par Tom Enders sont bien là pour en témoigner : en 2007, Airbus a livré 453 appareils, soit 19 de plus qu’en 2006. L’européen double son concurrent américain (441 appareils livrés). Sur la même période, Airbus a enregistré pas moins de 1 341 commandes nettes estimées à 157,1 milliards de dollars, soit un peu moins que les 1 413 commandes de son concurrent Boeing.
Toutefois, fin 2007, l’avionneur européen totalise un carnet de commandes de 3 421 appareils. « Le plus gros carnet de commandes jamais enregistré dans l’histoire de l’industrie aéronautique ». De quoi assurer, sans souci et avec des cadences de production en augmentation régulière, à près de six années de production. Toutes familles d’appareils confondues, les cadences seront ainsi portées progressivement de 43 à 54 appareils par mois entre 2008 et 2010 (40 de la famille A320, 10 A330/340 et 4 A380).
Une bonne santé commerciale qui a déjà eu pour conséquence d’atténuer le volet « social » de Power 8. Car pour faire face à son plan de charge, Airbus, qui avait gelé un temps les embauches, a du les reprendre pour les fonctions études et production. « Pas moins de 1 000 personnes ont été recrutées sur le second semestre 2007 » a ainsi confirmé Fabrice Brégier, directeur général.
Marina Angel
mangel@depechemag.com










